Intérieur d'un couche-tard.
L'entreprise québécoise Alimentation Couche-Tard (TSX:ATD.A) annonce la plus importante transaction de son histoire. Le détaillant de Laval achète pour 2,8 milliards de dollars américains les dépanneurs et stations-service de Statoil Fuel & Retail.
Le conseil d'administration de l'entreprise norvégienne, présente en Scandinavie, en Pologne, dans les pays baltes et en Russie, approuve la transaction et recommande aux actionnaires d'accepter l'offre de Couche-Tard. La proposition représente une prime de plus de 50 % par rapport au prix de clôture du titre de Statoil Fuel & Retail mardi.
En point de presse, le président et chef de la direction de Couche-Tard, Alain Bouchard, a souligné qu'il s'agissait du moment idéal pour son entreprise d'entrer dans le marché européen. Les pays où s'installe le détaillant lavallois sont moins touchés par la crise de la dette, a-t-il ajouté, précisant que l' « Europe résoudra éventuellement ses problèmes financiers ».
« Cela faisait cinq ans que nous cherchions la bonne opportunité en Europe », explique M. Bouchard.
Avec l'ajout de 2300 établissements à son réseau, Couche-Tard s'attend à devenir « une chaîne de magasins d'accommodation de premier plan à l'échelle mondiale ».
La transaction, qui devrait être complétée d'ici juin, sera financée par des facilités de crédit existantes et une nouvelle facilité de crédit de 3,2 milliards de dollars américains pour trois ans. Couche-Tard comptera plus de 71 000 employés une fois l'acquisition de Statoil Fuel & Retail terminée.
En 2011, les ventes de Statoil Fuel & Retail ont totalisé 12,7 milliards de dollars et son bénéfice d'exploitation ajusté atteignait 521 millions de dollars.
Statoil Fuel & Retail.
« Ouvert » au syndicat norvégien
Statoil Fuel & Retail est une entreprise largement syndiquée. Or, alors que l'entreprise est accusée de pratiques antisyndicalistes au Québec, le grand patron de Couche-Tard dit avoir l'esprit ouvert et être prêt à travailler avec le syndicat norvégien.
Pour le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, « ça fait la démonstration que M. Bouchard considère qu'une entreprise syndiquée n'est pas une entrave à la rentabilité d'une entreprise et on lui lance le message que pour le Québec, ça vaut aussi », dit-il.