Le maire Tremblay fait pression sur Ottawa dans le dossier d'Aveos

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le maire de Montréal Gérald Tremblay Le maire de Montréal Gérald Tremblay

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, presse le premier ministre Stephen Harper d'intervenir dans le dossier d'Air Canada et d'Aveos.

La Ville a fait état vendredi d'une lettre conjointe avec les maires de Winnipeg et de Mississauga, demandant à M. Harper de réunir d'urgence les parties concernées afin de trouver des solutions « dans l'esprit de la loi » pour protéger les milliers d'emplois directs et indirects.

La lettre souligne qu'Air Canada n'est pas une entreprise privée comme une autre, mais bien le transporteur national. Les maires soutiennent avoir parlé au président d'Air Canada « qui a manifesté sa volonté de collaborer et de participer à des discussions ».

Rappelons que l'entreprise a cessé ses activités dimanche, pour annoncer lundi qu'elle se plaçait sous la protection du tribunal en vue d'en arriver à une entente avec ses créanciers. Puis mardi, Aveos a amorcé une liquidation de ses actifs.

Des travailleurs d'Aveos interpellent le ministre Lebel à Saguenay

Vendredi, une délégation de quelque 25 travailleurs d'Aveos s'est rendue à Saguenay pour tenter de rencontrer le ministre des Transports, Denis Lebel, qui était de passage à l'Université du Québec à Chicoutimi.

Lors d'un bref échange, le ministre a dit au porte-parole syndical d'Aveos, Jean Poirier, que le gouvernement regardait toutes les options.

Les travailleurs lui ont demandé d'investir dans les installations d'Aveos et de ramener les employés au travail. Jean Poirier souhaitait notamment présenter un plan de relance à Denis Lebel qui a refusé d'en discuter.

Le ministre a invité M. Poirier à venir le rencontrer lundi à Ottawa.

Le ministre Lebel a aussi commenté les informations de Radio-Canada voulant qu'Air Canada se préparait à la fermeture d'Aveos.

« Je ne travaille pas avec des spéculations, je travaille avec des faits. Il y a des articles de loi, c'est là-dessus qu'on travaille », a-t-il dit en réponse aux journalistes.

Le syndicat poursuit sa lutte

M. Poirier compare la situation d'Aveos et d'Air Canada aux déboires de General Motors. Selon lui, le gouvernement doit aider l'entreprise et faire le nécessaire pour sauver des emplois.

Pour le syndicat, Air Canada est un fleuron canadien et le gouvernement devrait avoir son mot à dire.

« Quand la GM a voulu fermer, le gouvernement conservateur a investi 11 milliards de dollars pour sauver 3000 emplois en Ontario. Ça va peut-être coûter des millions, mais ce qu'on dit, c'est "reprenez le contrôle de cette compagnie, et réinvestissez " », a dit M. Poirier.

Jean Poirier soutient que ses membres demeurent mobilisés. L'annonce de la liquidation des actifs d'Aveos n'indique pas, à son avis, que tout est terminé.

« Aveos n'avait pratiquement rien. Les hangars sont à Air Canada, Aveos ne faisait que louer. L'outillage appartient aussi à Air Canada. Il ne reste qu'à rappeler les gens pour qu'ils réparent des avions, c'est tout », a conclu Jean Poirier.

À Montréal, des employés d'Aveos ont manifesté vendredi matin devant le siège social d'Air Canada, pour une cinquième journée consécutive.

Quant aux maires, Gérald Tremblay de Montréal, Hazel McCallion de Mississauga et Sam Katz de Winnipeg, ils font valoir dans leur lettre qu'en cessant ses activités, Aveos provoque non seulement la mise à pied de quelque 3300 employés, mais bien la fermeture de tous les centres d'entretien et de révision qu'Air Canada, selon l'esprit de la loi, a l'obligation de maintenir.

La missive qualifie la situation d' « inacceptable ». Elle fait valoir la nécessité de préserver les infrastructures et les emplois de haute technologie dans une conjoncture économique fragile.

Les maires jugent « encore plus fondamental de faire respecter le droit et les lois sur lesquels le pays a bâti sa prospérité et sa confiance en lui-même ».

Plus tôt cette semaine, le premier ministre Jean Charest a menacé de poursuivre le gouvernement fédéral pour maintenir les emplois de 1800 travailleurs spécialisés dans l'entretien d'avions à Montréal.