Le premier ministre grec Lucas Papademos se rend à une réunion du Parlement, le 24 février 2012.
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AFP/LOUISA GOULIAMAKI
La Grèce a officiellement lancé vendredi la procédure d'échange des obligations détenues par les créanciers privés du pays pour parvenir à effacer 107 milliards d'euros (144 milliards de dollars) de dette, selon un communiqué du ministère grec des Finances.
L'opération, présentée au début de la semaine, doit permettre d'effacer 53,5 % de la dette grecque détenue par des créanciers privés - banques, sociétés d'assurance ou fonds d'investissement - et d'éviter au pays la faillite.
« Les titres invités à participer au Private Sector Involvement (PSI) représentent une valeur totale d'environ 206 milliards d'euros (277 milliards de dollars) », précise un document publié sur un site spécialement créé à l'en-tête du ministère des Finances et de l'Organisme de la dette grecque.
Le document stipule que si un seuil total de participation « d'au moins 75 % » des détenteurs de titres en valeur n'est pas atteint, « la République [hellénique] ne procédera pas » à cette opération.
Conformément à la législation approuvée cette semaine par les parlementaires grecs sur les clauses d'action collective, l'échange sera rendu obligatoire pour 100 % des obligations de droit grec « si un quorum de participation d'au moins deux tiers » est atteint.
Les titres éligibles à la procédure d'échange vont du 20 mars prochain, date à laquelle le pays risque la faillite en raison d'obligations d'une valeur de 14,5 milliards d'euros (20 milliards de dollars) arrivant à échéance, à juillet 2057.
Les taux d'intérêt des nouvelles obligations sont de :
La procédure n'est pas ouverte aux créanciers privés américains, qui seront invités à participer à une autre offre publique d'échange.
Les modalités du PSI ont été finalisées par les ministres des Finances de la zone euro lors d'une réunion à Bruxelles, dans la nuit de lundi à mardi. Le parlement grec a voté jeudi la loi permettant sa mise en oeuvre. Selon le premier ministre Lucas Papademos, le gouvernement a entrepris « un effort titanesque » pour lancer cette procédure dès vendredi.
Il reste à voir dans quelle proportion les créanciers privés détenteurs d'obligations grecques accepteront une décote de 53,5 % sur les titres qu'ils détiennent, soit une perte finale dépassant 70 % de leur valeur initiale.
Le gouvernement grec mise sur une participation importante étant donné que les banques grecques détiennent la majorité des titres et que les banques étrangères se sont débarrassées d'une grande partie des obligations grecques depuis le début de la crise de la dette grecque, en 2010.
Confiance envers une « restructuration sans précédent »
Le président de l'Institut de la finance internationale (IIF), qui regroupe les grandes banques et institutions financières mondiales, s'est dit confiant de la réussite de l'opération d'effacement de la dette privée de la Grèce.
En marge d'une réunion de l'IIF à Mexico, à la veille de la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G20, Charles Dallara s'est félicité de « cette restructuration sans précédent d'une dette souveraine ».
« Nous sommes plutôt optimistes sur le fait qu'une fois que les investisseurs auront examiné soigneusement la proposition [...] il y aura une forte adhésion volontaire. Si c'est un succès, cela va faire disparaître un énorme nuage suspendu au-dessus de l'économie grecque », a déclaré M. Dallara, qui a représenté l'IIF cette semaine pendant les négociations avec le gouvernement grec.
« Cela peut aider la Grèce à restaurer la confiance, éliminer l'incertitude, rétablir le flux du crédit et finalement faire repartir la croissance et la création d'emplois », a-t-il conclu.