Des affrontements ont éclaté entre policiers et manifestants à Athènes
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AFP/Aris Messinis
Le Parlement grec a voté en faveur du nouveau plan d'austérité dimanche, permettant de déclencher un sauvetage financier du pays et son maintien dans la zone euro.
Le vote (199 voix pour et 74 contre) a eu lieu à l'issue d'une journée marquée par de violentes manifestations.
Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté devant le parlement grec, à Athènes, alors que le président, Philippos Petsalnikos, tentait de convaincre les députés d'adopter le nouveau plan de redressement, dont l'Union européenne et le Fonds monétaire international exigeaient l'adoption pour sauver le pays de la faillite.
À l'appel des syndicats et de l'opposition, les manifestants ont dénoncé le nouveau plan d'austérité. Une source policière estimait qu'environ 80 000 personnes avaient manifesté dans la capitale dimanche, et 20 000 à Thessalonique, dans le nord du pays.
Les manifestants ont occupé la place Syntagma, devant le parlement, jusqu'en fin d'après-midi, malgré les gaz lacrymogènes tirés par la police pour disperser la foule.
Au moins 45 bâtiments, vides, étaient en flamme dimanche soir dans le centre d'Athènes, incendiés par des jets de cocktails Molotov en marge des manifestations contre l'austérité. Plusieurs bâtiments historiques, des salles de cinéma, des banques et une cafétéria ont été endommagés.
Une cinquantaine de policiers ont été blessés et au moins 70 manifestants ont été hospitalisés. Des dizaines de manifestants ont été arrêtés.
Le gouvernement grec avait mis en garde contre le « chaos économique » en cas de rejet du plan. « Si la loi n'est pas adoptée, le pays ira à la banqueroute », a prévenu le ministre des Finances, Evangelos Venizelos, lorsqu'un député communiste a jeté les pages du projet de loi sur le sol de l'Assemblée.
Un plan qui divise les Grecs
Le gouvernement de coalition grec a approuvé vendredi le projet de loi sur le nouveau plan d'austérité de l'Union européenne et du Fonds monétaire international, alors que déjà plusieurs milliers de personnes étaient descendues dans les rues de la capitale et que cinq ministres ont présenté leurs démissions pour dénoncer ce plan.
Plus tôt vendredi, les ministres du parti d'extrême droite LAOS, qui fait partie de la coalition gouvernementale, avaient donné leur démission. Le chef du parti, Georges Karatzaféris, avait déjà annoncé qu'il ne donnerait pas son appui au nouveau plan d'austérité. Il propose par ailleurs que le représentant du FMI en Grèce soit déclaré « persona non grata ».
La secrétaire d'État aux Affaires étrangères, Marilisa Xenogiannakopoulou, une socialiste du Pasok, a elle aussi donné sa démission. Son parti a toutefois appelé ses élus à soutenir le plan de rigueur, pour éviter une faillite de la Grèce.
Devant ces démissions, le premier ministre Lucas Papadémos a déclaré que les ministres qui n'étaient pas d'accord avec le plan de sauvetage de la Grèce ne devaient pas demeurer au sein du gouvernement.
Le premier ministre grec Lucas Papademos lors de son adresse à la nation samedi
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AFP/LOUISA GOULIAMAKI
Nouvelles mesures d'austérité
Jeudi, le gouvernement grec s'est entendu avec ses créanciers institutionnels sur de nouvelles mesures d'austérité en contrepartie du plan d'aide.
Parmi ces nouvelles mesures, on retrouve la réduction des prestations de retraite. Ces changements « vont être le tombeau de la société grecque », ont dénoncé les syndicats. Ces derniers estiment que le gouvernement n'a pas la légitimité pour imposer ces nouvelles mesures d'austérité.
La Grèce est en récession depuis cinq ans. Athènes s'attend à ce que son produit intérieur brut se contracte de 4 à 5 % cette année. Le pays doit rembourser 14,5 milliards d'euros d'emprunts qui arrivent à échéance le mois prochain et ne pourra le faire sans une nouvelle aide.