Baisse de la demande mondiale de pétrole prévue pour 2012

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Puits de pétrole Puits de pétrole (archives)

La planète ne manquera pas de pétrole en 2012. L'agence internationale de l'énergie (AIE) revoit à la baisse, pour un sixième mois consécutif, ses prévisions sur la demande mondiale de pétrole pour l'année.

En raison d'un « ralentissement économique mondial de plus en plus problématique », l'agence estime que la consommation de brut n'augmentera que de 0,9 % par rapport à 2011.

L'importance des réserves disponibles et le ralentissement économique font en sorte que la production mondiale devrait être suffisante pour répondre à la demande.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) avait pour sa part déjà revu à la baisse ses prévisions, jeudi.

Pas forcément de baisse à la pompe

Il n'est pas garanti, cependant, que les prix à la pompe, eux, diminueront.

Le coût du brent, le pétrole provenant d'un gisement de la mer du Nord qui alimente les raffineries canadiennes, s'élève à environ 115 $US. Or, son prix détermine en partie le coût du litre à la pompe. « Ça risque de maintenir des prix de l'essence assez élevés », croit l'économiste Mathieu D'Anjou.

Actuellement, le baril de Brent coûte presque 20 dollars de plus que le baril de brut produit dans le sud des États-Unis. Cet écart est historiquement élevé, notamment parce que le sud et l'ouest américain ont des surplus, ce qui n'est pas le cas de l'Union européenne.

L'Europe s'alimente normalement en Iran, en partie, mais elle a décidé d'interdire l'importation de pétrole de Téhéran, qui poursuit des activités nucléaires. Les sanctions internationales contre l'Iran n'entrent officiellement pas en vigueur avant le 1er juillet, mais plusieurs clients européens et asiatiques ont déjà commencé à réduire leurs importations. « Donc le prix du brent augmente fortement alors que l'on a un surplus aux États-Unis », résume Denis Durand, associé principal de Jarislowsky Fraser.

De plus, « il ne faut pas oublier que l'an dernier, on a perdu la raffinerie Shell, donc on n'a pas de surplus de capacité de raffinage dans l'est du Canada », explique M. Durand.

L'AIE souligne par ailleurs que « la perception de soucis d'approvisionnement imminents empêche clairement les prix du pétrole de baisser pour l'instant » et elle rappelle que des « stocks stratégiques » peuvent toujours être débloqués en cas de tensions sur les marchés.

Avec les informations de Vincent Maisonneuve

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