Grèce : le gouvernement accepte de nouvelles mesures d'austérité

Drapeaux grec et européen   © AFP/Louisa Gouliamaki

La Grèce a annoncé jeudi avoir conclu un accord avec ses créanciers institutionnels sur de nouvelles mesures d'austérité exigées en contrepartie d'un nouveau plan d'aide de 130 milliards d'euros (172 milliards de dollars canadiens). Le résultat des négociations a été accepté par les dirigeants des partis politiques qui soutiennent le gouvernement de coalition à Athènes.

Les discussions « ont été conclues avec succès » avec les représentants de la troïka, composée de l'Union européenne (UE), de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI), précisent les services du premier ministre Lucas Papademos dans un communiqué.

Les partenaires de coalition de M. Papademos avaient refusé jeudi matin une nouvelle baisse des pensions, qui constituait une des demandes de la troïka. L'accord permettra toutefois d'adopter des mesures alternatives, a précisé un porte-parole des services du premier ministre sous le couvert de l'anonymat, sans donner plus de précision.

À l'exception de la baisse des pensions, les autres demandes de la troïka ont été approuvées, dont une baisse de 22 % du salaire minimum et le licenciement de 15 000 employés dans la fonction publique.

À Francfort, le président de la BCE, Mario Draghi, a confirmé lors d'une conférence de presse que les chefs des partis de la coalition de M. Papademos avaient accepté les termes de l'accord. Celui-ci est intervenu avant l'ouverture jeudi soir d'une importante réunion des ministres des Finances des 17 pays de la zone euro à Bruxelles consacrée au nouveau plan d'aide à la Grèce. La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, ainsi que Mario Draghi étaient conviés à la réunion.

Le ministre allemand des Finances a toutefois estimé jeudi que l'accord ne remplissait pas encore toutes les conditions pour l'octroi du nouveau plan d'aide.

De son côté, Amadieu Altafaj Tardio, porte-parole de la Commission européenne a affirmé que « c'est à l'Eurogroupe de décider au plus haut niveau si les conditions sont réunies pour mettre en oeuvre un deuxième programme [d'aide] ».

Faute de nouveaux prêts, la Grèce risque d'être dans l'impossibilité d'honorer une échéance de remboursement de 14,5 milliards d'euros (19 milliards de dollars) le 20 mars et de se retrouver ainsi en défaut de paiement.

Depuis mai 2010, Athènes a pu maintenir sa solvabilité grâce à un premier plan d'aide international de 110 milliards d'euros (145 milliards de dollars). Un second plan de renflouement a été décidé en octobre 2011, le premier s'étant avéré insuffisant.

L'opinion grecque est extrêmement réticente à de nouveaux sacrifices après deux ans d'une cure d'austérité qui a échoué à redresser les finances publiques et a aggravé la situation économique. Les syndicats ont appelé jeudi à une grève générale de 48 heures pour vendredi et samedi.

Outre les discussions sur le nouveau plan de sauvetage, la Grèce est proche d'un accord avec ses créanciers privés qui lui permettrait d'effacer environ 100 milliards d'euros (132 milliards de dollars) de sa dette.

Associated Press

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