Le nouveau PDG de RIM déçoit les investisseurs

Le nouveau PDG de RIM, Thorsten Heins Le nouveau PDG de Research in Motion, Thorsten Heins   © PC/Photo de RIM

Le nouveau patron de Research in Motion (TSX:RIM), Heins Thorsten, n'est pas parvenu à rassurer la trentaine d'analystes qu'il a rencontrés jeudi soir à Toronto. Sa stratégie pour redresser la compagnie, qui a perdu 75 % de sa valeur en bourse en 2011, n'a pas convaincu.

Durant une heure, le PDG de RIM, nommé en remplacement de Jim Balsillie et Mike Lazaridis, a posé les jalons de son action à la tête de l'entreprise. Il a expliqué que la société devait se concentrer sur le marketing pour séduire de nouveaux clients, en précisant qu'il allait recruter un nouveau chef de la commercialisation « de classe mondiale ».

Heins Thorsten veut également sortir une mise à jour des logiciels pour la tablette électronique PlayBook, dont les ventes ne décollent pas. Enfin, il a annoncé que la prochaine génération d'applications BlackBerry 10 (BB10) serait lancée d'ici la fin de l'année.

Les trois solutions envisagées pour redresser la compagnie de Waterloo, en Ontario, ont déçu les investisseurs. « J'ai trouvé [M. Thorsten] charmant. Il est réfléchi et s'exprime bien, mais je suis respectueusement en désaccord avec lui », a indiqué l'analyste Peter Misek, du cabinet Jefferies & Co.'s, dans une note destinée à ses clients.

Sur le fond, il réprouve la stratégie à court terme du nouveau PDG. Il considère que « RIM est en train de laisser passer une grosse opportunité » en se donnant une année pour accorder des licences sur BB10. Désormais, Peter Misek ne recommande plus de conserver en portefeuille le titre RIM. Il suggère « maintenant de vendre le titre et [sa] cible baisse à 15 $ », alors qu'elle était auparavant de 17 $.

Scepticisme de rigueur

Kris Thompson, de la Banque Nationale, craint lui que RIM rate « la très importante saison du magasinage des Fêtes cette année si les dirigeants ne réussissent pas à livrer à temps le premier téléphone BB10 avec un seau de qualité et un facteur "WOW!" ». Dans cette perspective, l'analyste s'attend à des prévisions décevantes suivies d'un recul du titre sous les 10 $ cet été. « Je resterais loin de tout ça pour l'instant », insiste-t-il.

Plus nuancé, l'associé du cabinet de courtage en valeurs mobilières Cormark, Richard Tse, estime que RIM est engagé dans une course contre la montre. « Il y a un plan pour rattraper la concurrence, mais il y a peu de place pour l'erreur », explique-t-il, même s'il n'a « rien entendu qui [lui] fait croire que RIM a une carte dans sa manche pour passer devant Android et iOS.

RIM a connu une année 2011 difficile en raison de la baisse de popularité de ses téléphones intelligents et de l'échec commercial de sa tablette électronique PlayBook.

En octobre dernier, la compagnie a dû composer avec la plus importante panne de service de son histoire. À la mi-décembre, les résultats financiers de l'entreprise montraient une diminution de ses revenus tandis que son action chutait de 12 % à la Bourse de Toronto.

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