Monique Leroux
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PC/Clément Allard
Monique Leroux a été reconduite dans ses fonctions de présidente du Mouvement Desjardins. Les mises en candidature se terminaient lundi. Comme aucun autre candidat ne s'est présenté, elle a été réélue sans opposition.
Mme Leroux, issue du milieu bancaire et n'ayant donc pas d'enracinement profond dans le mouvement coopératif, arrive à la tête de Desjardins en 2008, alors que le Mouvement vit des moments difficiles.
La débâcle financière qui ébranle les marchés du monde entier et la saga du papier commercial qui fait fléchir la Caisse de dépôt et placement du Québec et la Banque Nationale menacent Desjardins.
Toutefois, après une chute vertigineuse de 1,1 milliard de dollars en 2007 à 89 millions de dollars en 2008, sous le règne de Monique Leroux, les excédents de Desjardins rebondissent à 1 milliard en 2009, pour atteindre le sommet record de 1,4 milliard en 2010.
« Les gens sont très reconnaissants, et même, à la limite, ils reconnaissent que sans un profil comme le profil de Mme Leroux, il aurait été très difficile pour le Mouvement Desjardins de s'en sortir comme il s'en est sorti », commente Michel Lafleur, directeur du Département de management et de gestion des ressources humaines et directeur de l'Institut de recherche et d'éducation pour les coopératives et les mutuelles de l'Université de Sherbrooke.
La performance de Monique Leroux lui vaut un concert d'éloges et de nombreux prix. Lors de sa présidence, le Mouvement Desjardins reçoit entre autres le prix de Banque de l'année décerné par la revue britannique The Banker.
Par ailleurs, Monique Leroux ne compte pas seulement des points sur le tableau des performances économiques, mais aussi sur le plan coopératif. Elle multiplie consultations et sondages. De plus, ses propos séduisent.
« C'est un discours extrêmement rafraîchissant de valeurs coopératives, de la vision coopérative. Mais maintenant, on veut avoir un peu plus au niveau des actions au quotidien nous disent certains », indique Michel Lafleur.
En effet, bien que ses décisions fassent augmenter les profits de Desjardins, sur le terrain, les fermetures et les fusions de caisses qu'elle suggère provoquent la colère et l'inquiétude.
« On a introduit la semence de la cupidité, et ça, c'est très mauvais », affirme à ce sujet Claude Béland, ex-président du Mouvement Desjardins.
À l'intérieur même de l'administration de Desjardins, Monique Leroux ne fait pas que des heureux, en raison du lancement d'une vaste restructuration qui vise à simplifier l'offre de services aux membres, et qui entraîne des pertes d'emploi.
Monique Leroux ne laisse personne indifférent. Ainsi, certains admirent son énergie et sa grande capacité de travail, alors que d'autres lui reprochent un style de gestion abrasif. Cependant, de l'avis général, en un seul mandat, Monique Leroux a fait ses preuves comme gestionnaire.
Le Mouvement Desjardins compte près de 6 millions de membres et 42 500 employés.
D'après un reportage de Maxime Bertrand