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Au lendemain d'un discours du premier ministre Stephen Harper à Davos au cours duquel il évoquait d'éventuelles modifications au système de revenus de retraite, son entourage a tenté d'éviter les contrecoups politiques.
Le cabinet du premier ministre a envoyé une note aux députés conservateurs afin qu'ils s'en servent dans leur défense de la déclaration faite jeudi par M. Harper dans le cadre du Forum économique mondial de Davos.
Le vieillissement de la population « pose une menace » aux programmes et services sociaux du pays, a alors déclaré Stephen Harper. Celui-ci a indiqué qu'il avait l'intention de « limiter » la croissance des prestations de la caisse de retraite financée par Ottawa, précisant qu'il ne toucherait pas au Régime de pensions du Canada, suffisamment financé.
Si le premier ministre n'a pas donné davantage de précisions, la note envoyée le lendemain à son caucus indique clairement que le programme dans la mire des conservateurs est celui de la Sécurité de la vieillesse, auquel ont droit tous les Canadiens de 65 ans et plus.
Le président du Conseil du Trésor, Tony Clement, le ministre responsable de gérer les coupes de 4 à 8 milliards de dollars prévues dans le prochain budget, a pourtant affirmé jeudi que le Programme de la sécurité de la vieillesse ne ferait pas l'objet de compressions pour l'exercice 2012-2013.
Selon les rumeurs circulant sur la colline du Parlement, le gouvernement Harper souhaiterait minimalement porter l'âge du départ à la retraite à 67 ans. Il tenterait ainsi d'encourager les aînés à demeurer plus longtemps sur le marché du travail dans le but de réduire les coûts du programme.
Il y avait en juillet 2011, 4 973 400 Canadiens âgés de 65 ans et plus, soit l'équivalent de 14,4 % de la population canadienne, selon Statistique Canada.
« Si nous n'agissons pas, ce programme deviendra éventuellement trop dispendieux et impossible à maintenir », poursuit la note envoyée aux députés.
Le document précise que les coupes envisagées ne s'appliqueront pas aux prestataires actuels du programme, pas plus qu'aux Canadiens sur le point de prendre leur retraite. Le document suggère d'ailleurs aux députés de contrer les critiques en plaidant un important préavis et une période d'ajustement, puisque les Canadiens plus jeunes auront le temps de prendre les dispositions nécessaires pour s'adapter à la situation.
Des responsables ont par ailleurs indiqué que le budget du printemps fournirait des détails sur certaines initiatives prévues.
D'après des chiffres fournis par le bureau du premier ministre, il y avait quatre contribuables pour chaque aîné en 2010, mais il n'y aura que deux contribuables par aîné en 2030.
Selon les estimations, le PSV coûtera 108 milliards de dollars au gouvernement fédéral en 2030, soit trois fois plus qu'à l'heure actuelle. Son importance par rapport au PIB est toutefois modeste. Sur 20 ans, son poids passerait simplement de 1,8 % à 2,5 % du PIB. Ensemble, le Supplément minimum de revenu garanti - une prestation mensuelle non imposable offerte aux aînés les plus vulnérables financièrement - et le PSV ne représenteraient que 3,2 % du PIB en 2030.
Le ministre Maxime Bernier relativise la portée de la proposition
Maxime Bernier, en entrevue aux Coulisses du pouvoir.
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Radio-Canada
En entrevue aux Coulisses du pouvoir, le ministre d'État à la Petite Entreprise et au Tourisme, Maxime Bernier, a affirmé que les modifications ne devraient pas être implantées immédiatement. « Ce que l'on veut, c'est lancer le débat », a soutenu le ministre.
Selon Maxime Bernier, l'augmentation des coûts liés aux retraites s'accroît certainement, « mais ce n'est pas un problème urgent, ici, au Canada », précise-t-il. Le Parti conservateur soutient en outre qu'un avis sera émis longtemps avant que les changements aux régimes soient effectifs, et qu'une période d'ajustement sera établie pour que les employés proches de la retraite ne soient pas touchés.
L'opposition fustige le gouvernement
Les partis d'opposition se préparent à discuter de la question à la Chambre des communes, au retour de la pause du temps des fêtes, lundi.
« Il s'agit d'un véritable camouflet infligé aux personnes âgées », a déclaré le porte-parole néodémocrate en matière de finances, Peter Julian. Sa formation réclame même une augmentation de 700 millions de dollars pour la Sécurité de la vieillesse.
Le chef libéral par intérimaire, Bob Rae, critique aussi l'attitude des conservateurs, qui n'ont pas mentionné leurs intentions de procéder à des coupes dans les régimes de retraite lors des dernières élections. « C'est un acte, à mon avis, presque malhonnête », a jugé M. Rae.
Les associations qui défendent les intérêts de personnes âgées ont elles aussi mal accueilli la proposition de Stephen Harper. La Fédération de l'âge d'or du Québec ainsi que l'Association canadienne des personnes retraitées croient notamment que les changements pénaliseront les personnes âgées les plus démunies.
Le conservateur Brian Mulroney ainsi que le ministre libéral des Finances Paul Martin, qui voulaient modifier les pensions de vieillesse, ont dû faire marche arrière sous l'effet d'une féroce opposition de la part d'un nombre toujours plus important d'électeurs.