Stephen Harper à Davos
Photo : AFP/Vincenzo Pinto
Tout en vantant les bonnes performances de l'économie canadienne, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a laissé entendre jeudi, dans un discours au Forum économique mondial de Davos, que des changements étaient à prévoir dans le système de revenus de retraite.
M. Harper a indiqué qu'il allait limiter la croissance des dépenses, tout en précisant qu'il ne toucherait pas au Régime de pensions du Canada. Conclusion : la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti semblent être en voie de subir des changements.
L'entourage du premier ministre a souligné qu'Ottawa prévoyait que les dépenses liées à la Sécurité de la vieillesse passeraient de 36 milliards de dollars par année en 2010 à 108 milliards en 2030, en raison d'une augmentation du nombre de personnes de 65 ans et plus de 4,7 millions à 9,3 millions pendant cette période.
L'une des solutions envisagées par les conservateurs serait de hausser l'âge d'admissibilité aux prestations. Sans donner de détails, le premier ministre Harper a fait un parallèle avec la récente décision du gouvernement de plafonner la croissance des transferts aux provinces en santé à celle du PIB.
Des règles d'immigration pour le marché du travail
Stephen Harper a par ailleurs évoqué une « réforme significative » des règles d'immigration.« Tout en respectant nos obligations humanitaires et nos objectifs de réunification des familles, nous nous assurerons de faire de nos besoins de main-d'oeuvre l'objectif central de nos efforts d'immigration à l'avenir », a-t-il expliqué.
À Calgary, le ministre de l'Immigration, Jason Kenney, a précisé que les exigences linguistiques seraient resserrées pour les candidats à l'immigration. Il réagissait à une évaluation de son ministère selon laquelle bien que la majorité des travailleurs sélectionnés s'en sortent bien une fois arrivés au Canada - plus de 90 % d'entre eux déclarant un revenu d'emploi et 70 % travaillant dans un domaine lié à leurs compétences - il y a une disparité quant au niveau de rétention des immigrants entre les provinces.
Ainsi, tandis que moins de 25 % des immigrants arrivés dans les provinces de l'Atlantique y restent, la Colombie-Britannique en garde 95 %. Le ministre Kenney estime et déplore que certaines provinces fassent abstraction des critères linguistiques. « Ce que nous leur disons, c'est que c'est plutôt insensé d'inviter une personne qui ne parle pas du tout anglais au Canada... et certaines des provinces ont, si je peux dire, surévalué les compétences linguistiques de leur sélection », a déclaré Jason Kenney.
Harper vante la performance de l'économie canadienne
Dans son discours à Davos, le premier ministre Harper a décrit le Canada comme l'un des exemples à suivre par l'économie mondiale. Il a souligné que malgré une période difficile, le Canada a su tirer son épingle du jeu économique, en gardant une dette peu élevée et en perdant peu d'emplois comparé aux autres pays développés.
Le premier ministre en a également profité pour lancer que le Canada était le meilleur endroit pour créer de l'emploi, selon le magazine Forbes, que le pays avait la chance de posséder les banques les plus sûres au monde et que l'OCDE et le FMI prédisaient que l'économie canadienne serait encore parmi les chefs de file des pays industrialisés dans les deux prochaines années.
M. Harper a aussi tenu à souligner qu'actuellement le déficit canadien est en baisse, ainsi que la dette par rapport au PIB, et que les impôts et taxes canadiens ne seront pas augmentés.
Selon Stephen Harper, en adoptant des mesures temporaires comme d'importants investissements en infrastructure et en apportant un soutien aux entreprises et aux chômeurs, le Canada a su passer à travers la crise économique sans trop d'encombres.
Le premier ministre a déclaré que la priorité du gouvernement canadien est la prospérité, c'est-à-dire la croissance économique et la création d'emplois. Selon M. Harper, bien que cela ait l'air d'un cliché, il ne semble pas que ce soit la priorité de tous. M. Harper s'est permis ici de critiquer les autres pays industrialisés, soulignant des dettes élevées et une offre de services gouvernementale trop importante pour les moyens de certains.
Pour Stephen Harper, en gardant les impôts et taxes à un bas niveau, en investissant plus dans la science et les technologies, en concluant des partenariats économiques avec d'autres États et en prenant les moyens pour exporter les ressources naturelles et énergétiques canadiennes plus loin qu'aux États-Unis, particulièrement en Asie, le Canada fera ses devoirs pour la bonne marche de l'économie.