Jim Balsillie et Mike Lazaridis, le 5 février 2009
Photo : PC/Nathan Denette
Les co-PDG de Research in Motion (TSX:RIM), Jim Balsillie et Mike Lazaridis, ont quitté leurs fonctions, a annoncé le fabricant du téléphone multifonctions BlackBerry dimanche soir par voie de communiqué.
Ils sont remplacés par le chef des opérations Thorsten Heins, qui avait quitté Siemens AG pour se joindre à l'équipe de RIM il y a quatre ans. Ce changement à la tête de la société n'a toutefois pas rassuré les investisseurs sur l'avenir du géant canadien. À la clôture des marchés lundi, l'action de RIM avait perdu 9 % à la Bourse de Toronto et 8,5 % au NASDAQ, à New York.
Après avoir été à la tête les opérations pendant les 20 dernières années, Jim Balsillie et Mike Lazaridis, qui sont aussi cofondateurs de l'entreprise, demeureront chez RIM, mais occuperont des postes moins importants. Tandis que M. Lazaridis assumera les fonctions de vice-président du conseil d'administration de RIM et de président du conseil du nouveau comité de l'innovation, M. Balsillie restera en poste à titre de chef des opérations.
Par ailleurs, Barbara Stymiest, qui a dirigé par le passé la Bourse de Toronto, a été nommée présidente du conseil d'administration. Ce poste était auparavant occupé par les deux cofondateurs.
« Je suis d'accord avec le fait que le temps est venu de faire place à un nouveau leadership, et j'ai entièrement confiance en Thorsten, en l'équipe de gestion et en l'entreprise », a déclaré Jim Balsillie.
Pour témoigner de sa confiance envers l'entreprise, Mike Lazaridis a de son côté annoncé qu'il compte acheter pour 50 millions de dollars d'action de RIM.
Thorsten Heins, 54 ans, se dit quant à lui « emballé face à l'avenir de la compagnie » et soutient que RIM peut compter sur de bonnes assises pour bâtir l'avenir. « Nous avons un solide bilan, avec environ 1,5 milliard de dollars en liquide à la conclusion du dernier trimestre et une dette négligeable », a-t-il fait valoir par voie de communiqué.
Lors d'une conférence téléphonique lundi matin, M. Heins a affirmé que l'entreprise avait appris de ses erreurs et qu'elle était maintenant plus solide. Il a aussi souligné vouloir développer davantage la mise en marché des produits de RIM et travailler à gagner de nouveaux clients, notamment aux États-Unis.
Ses propos n'ont toutefois pas rassuré les investisseurs. L'action qui gagnait près de 4 % lors des échanges électroniques avant l'ouverture de la séance du NASDAQ, lundi matin, a piqué du nez lorsque le nouveau PDG a tenu sa première conférence de presse. Des analystes croient que les attentes de nombreux investisseurs ont été dégonflées parce que Thorsten Heins n'a pas l'intention de vendre des actifs de RIM.
Le nouveau PDG de Research in Motion, Thorsten Heins
Photo : PC/Photo de RIM
Une année difficile pour RIM
Ce remaniement au sein du groupe confirme les rumeurs qui faisaient état d'un possible brassage à la tête de la société basée à Waterloo, en Ontario. Plusieurs investisseurs blâmaient notamment les deux PDG pour les récents déboires de la compagnie.
En 2011, le titre de RIM a perdu environ 75 % de sa valeur.
RIM a connu une dernière année difficile en raison de la baisse de popularité de ses téléphones intelligents et de sa difficulté à vendre la tablette électronique PlayBook.
En octobre dernier, elle a été confrontée à la plus importante panne de service de son histoire. Puis, à la mi-décembre, les résultats financiers de l'entreprise dénotaient une diminution de revenus et son action a chuté de 12 % à la Bourse de Toronto.
