L'Europe s'entend, sauf avec le Royaume-Uni

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Bloomberg, Le Monde et Reuters
Sommet de l'Union européenne à Bruxelles Lors du sommet de l'Union européenne qui a eu lieu à Bruxelles, le premier ministre français Nicolas Sarkozy serre la main de la première ministre croate Jadranka Kosor. La présidente lituanienne Dalia Grybauskaite se tient entre eux.   © AFP/John Thys

Réunis en sommet à Bruxelles, la plupart des pays européens se sont entendus sur la conclusion d'un pacte budgétaire, après plus de neuf heures d'intenses négociations dans la nuit de jeudi à vendredi. Les bourses accueillent l'entente en enregistrant des gains.

Des 27 pays de l'Union européenne, 23 pays ont approuvé l'entente, et 3 ont demandé plus de temps pour le soumettre à leur Parlement. Le Royaume-Uni est le seul pays ouvertement opposé à l'accord. En échange de son appui, le premier ministre britannique, David Cameron, réclamait que le secteur financier de son pays puisse être soustrait, si cela était nécessaire, à la surveillance européenne.

Après avoir rejeté l'accord, la Hongrie a de son côté demandé vendredi un délai supplémentaire avant de se prononcer, pour consulter son Parlement. La République tchèque et la Suède sont les deux autres pays qui ont réclamé plus de temps avant de se prononcer sur le pacte budgétaire.

« Nous aurions préféré un accord à 27, cela n'a pas été possible compte tenu de la position de nos amis britanniques » qui ont posé des demandes inacceptables », a déclaré le président français, Nicolas Sarkozy. Malgré tout, la chancelière allemande, Angela Merkel, s'est dite « très satisfaite du résultat ». « Le monde entier va pouvoir constater que nous avons appris de nos erreurs passées », a-t-elle précisé.

« Nous ne sommes pas exclus, nous sommes dans l'Union européenne, a déclaré quant à lui le premier ministre britannique dans une entrevue télévisée à Bruxelles, avant son retour à Londres, nous sommes un membre dirigeant du marché unique ».

Les bourses de la zone euro ont clôturé vendredi en forte hausse, portées par la conclusion du pacte budgétaire. Paris a fini en hausse de 2,48 %, pendant que Francfort gagnait 1,91 %. Quant à Londres, elle a sous-performé, avec une augmentation de 0,83 %. En Amérique du Nord, à 12 h 30, le Dow Jones avait augmenté de 1,3 %, tandis que l'indice TSX de Toronto restait assez stable, avec une augmentation de 0,6 %.

Des éléments du pacte

Le pacte budgétaire conclu par les pays européens prévoit notamment de limiter les déficits budgétaires structurels des pays à 0,5 %. En plus de sanctions presque automatiques en cas de déficit trop élevé, le pacte autorisera un droit d'intrusion européen accru dans la préparation des budgets des pays. De plus, les États qui reçoivent des plans de sauvetage, comme la Grèce ou l'Irlande, pourraient être placés sous tutelle européenne.

Le pacte vise également une réforme limitée du futur Mécanisme européen de stabilité (MES), qui sera désormais épaulé par la Banque centrale européenne. En fait, le renforcement des ressources du Fonds monétaires international (FMI), qui participe à l'apport de fonds prévus par le MES, est l'une des principales réformes conclues. Ainsi, 200 milliards de prêts seront accordés au FMI, dont 150 milliards proviendraient de la zone euro. Notons que le MES est un dispositif de gestion des crises de la zone euro qui doit remplacer en 2013 le Fonds européen de stabilité financière et le Mécanisme européen de stabilité financière.

Réactions de l'autre côté de l'Atlantique

Le ministre des Finances Jim Flaherty Le ministre des Finances Jim Flaherty   © PC/Adrian Wyld

Commentant l'entente à Toronto, le ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, a affirmé que c'était effectivement aux pays européens à mettre en commun leurs ressources afin de mettre fin à la crise de la dette qui sévit dans la zone euro. Selon lui, un appel à l'aide à des pays situés à l'extérieur de la région ne devrait être lancé qu'en dernier recours.

Jim Flaherty a aussi répété ce qu'il a déjà dit plusieurs fois, c'est-à-dire que les autorités européennes ont pris trop de temps avant de s'entendre sur un plan pour mettre fin à la crise. Selon lui, il n'y a pas de doute que la croissance économique du Canada a été ralentie par les problèmes que vivent les Européens.

La réaction a été sensiblement la même à Washington, qui a déclaré que l'entente était un signe de progrès, mais qu'il y avait encore beaucoup à faire. La position de Washington est la même que celle d'Ottawa en ce qui a trait à ceux qui doivent porter le poids de la crise. « C'est un problème européen qui a besoin d'une solution européenne », a affirmé le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney.

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