Bureaux de Standard & Poor's à New York (archives)
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AFP/Stan Honda
Les gouvernements tout comme les marchés ont réagi mardi sans panique à la décision de la veille de l'agence de notation Standard & Poor's de placer sous surveillance les notes de 15 pays de la zone euro, dont la France et l'Allemagne. La pression est maintenant plus vive sur les dirigeants européens en vue d'une intégration économique accrue.
Standard & Poor's a prévu que certaines capitales pourraient même voir leur note abaissée de deux crans au plus tard dans 90 jours. C'est le cas de Paris, qui pourrait perdre sa note de crédit maximale, AAA.
« Nous savons que nous avons plus d'efforts à faire que d'autres, c'est sûr », a déclaré le ministre des Affaires étrangères français, Alain Juppé, à la radio RTL. C'est une menace, ce n'est pas une décision, mais bien sûr qu'il faut la prendre au sérieux. »
De son côté, le ministre de l'Économie français, François Baroin, a estimé que le message de Standard & Poor's s'adressait d'abord à la zone euro dans son ensemble. Selon lui, la France empruntera sans difficulté en 2012.
Le président français, Nicolas Sarkozy, et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont annoncé lundi leur intention de soumettre au Conseil européen, qui s'ouvre jeudi, un accord pour renforcer la gouvernance de zone euro et resserrer les règles budgétaires. Ils souhaitent un nouveau traité européen d'ici mars.
Par ailleurs, Mme Merkel a précisé qu'elle comptait « continuer sur le chemin » des réformes, minimisant l'importance de la décision de Standard & Poor's, qui a d'ailleurs ravivé les critiques européennes envers les agences de notation.
Michael Fuchs, l'un des ténors du parti CDU de la chancelière Angela Merkel, a avancé dans l'édition web du quotidien Die Welt qu'il voyait « un calcul d'ordre politique derrière cette annonce » de l'agence de notation américaine, visant à détourner l'attention des problèmes d'endettement des États-Unis.
Le quotidien Tagesspiegel juge qu'à l'avant-veille d'un sommet européen crucial, Standard & Poor's fait « monter la pression », ce qui pourrait « aider Mme Merkel à atteindre son but », soit imposer une discipline budgétaire de fer en zone euro. Le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, partage cet avis. « Il s'agit de la meilleure incitation possible pour le sommet de cette semaine (...) Je ne peux rien imaginer de plus efficace. »
Une décision « follement exagérée et injuste »
Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a été l'un des dirigeants de la zone euro les plus virulents dans ses commentaires quant à l'avertissement de l'agence de notation. « Je suis stupéfait, a-t-il précisé sur les ondes d'une radio allemande, vu les efforts significatifs de ces derniers jours pour surmonter la crise, notamment les programmes d'économies en Italie et en Irlande ». Il a qualifié la décision de « follement exagérée et injuste » en ajoutant que des réformes étaient en place pour maîtriser les dettes publiques.