Le premier ministre du Québec Jean Charest, à Montréal, lundi
Le premier ministre du Québec Jean Charest a défendu le Plan Nord devant 1100 convives de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, lundi, et a réfuté lors d'un point de presse certaines critiques qui ont été formulées ces dernières semaines concernant ce cadre de développement.
M. Charest a tenu entre autres à répondre à l'ancien premier ministre Jacques Parizeau, qui, la semaine dernière, abordait notamment la question des redevances et de la participation de l'État dans les sociétés minières. M. Parizeau affirmait que les Québécois étaient « sur le point de se faire avoir ».
« D'abord, une question que M. Parizeau règle, c'est la question des redevances et des taxes. M. Parizeau est très clair là-dessus, le Québec a rattrapé le retard qu'il avait. D'ailleurs, vous n'entendrez plus Pauline Marois et le Parti québécois soulever ça à l'Assemblée nationale, oubliez ça, c'était leur cheval de bataille, M. Parizeau a réglé ça », a affirmé le premier ministre.
« La deuxième chose, c'est la possibilité qu'Hydro-Québec vende l'énergie en deçà du coût. Or, je ne sais pas où il prend ça dans le Plan Nord, ce n'est pas ce que le Plan Nord dit, nulle part on n'a fait un projet pour le Plan Nord où on vend en bas du coût », ajoute-t-il.
Infrastructures
Concernant la participation de l'État dans la mise en place d'infrastructures, comme les routes, M. Charest assure que les sociétés paieront leur juste part. « Dans le cas des infrastructures, les compagnies sont appelées à assumer les coûts. Là où il y a un bien commun, l'État va jouer son rôle comme il le joue dans le sud », précise-t-il.
Rappelons que Québec a négocié un partage des coûts de construction de la route pour rejoindre le projet de mine de diamants de Stornoway Diamond. Le gouvernement dépensera 331 millions de dollars au cours des cinq prochaines années, alors que Stornoway Diamond investira 44 millions. Investissement Québec a pris une participation de 37 % dans l'entreprise, qui s'ajoute à des redevances de 2 % sur la valeur de la production. Il s'agit d'un modèle que Québec compte répéter à l'avenir.
Jacques Parizeau a quant à lui proposé d'assujettir toute aide aux entreprises à un mécanisme de prise de participation de l'État à l'actionnariat, ce qui créerait des sociétés mixtes, qui resteraient privées en majorité, mais où la Caisse de dépôt et placement aurait une participation de 10, 15, ou 25 %.
« Pour les propriétés, on a 500 millions de mis de côté déjà. Nous allons choisir un certain nombre de projets qui sont stratégiques, nous allons y investir. Oui, on peut en faire davantage, mais on est juste à la première année de mise en oeuvre. Stornoway est un exemple de projet où on investit, il y en aura d'autres », a assuré de son côté Jean Charest.
Passage du Nord-Ouest
Le Plan Nord pourrait aussi aider le Canada à revendiquer une certaine autorité sur le futur passage du Nord-Ouest, estime le premier ministre. En vertu du droit international, le fait d'occuper le territoire nordique, qui est à proximité de ce couloir maritime revendiqué par plusieurs pays, pourrait jouer en faveur du Québec et du Canada, a fait valoir le premier ministre.
Par ailleurs, le premier ministre ne s'inquiète nullement du récent ralentissement de la croissance de l'économie chinoise. Il ne croit pas que cela puisse diminuer la demande pour les minerais exploités dans le territoire nordique québécois et destinés à la Chine et à l'Inde, puisque le Plan Nord vise un horizon de 25 ans.
Avec les informations de René Saint-Louis