Projet Keystone XL: une dernière journée d'audience agitée à Washington

Radio-Canada avec Associated Press et La Presse Canadienne
Des opposants au projet d'oléoduc Keystone XL à Washington, le 7 octobre Des opposants au projet d'oléoduc Keystone XL à Washington, le 7 octobre  Photo :  PC/AP/Pablo Martinez Monsivais

La dernière journée d'audience publique à Washington sur le controversé projet d'oléoduc Keystone XL de la société TransCanada a été marquée par l'agitation, notamment de la part de ses détracteurs.

Au cours de l'audience de quatre heures, les esprits se sont passablement échauffés, au point où les policiers ont dû escorter certaines personnes à l'extérieur de l'immeuble Ronald-Reagan, dans le centre-ville de la capitale américaine.

Durant les deux premières heures, le nombre d'opposants au projet dans la salle a surpassé celui de ses partisans. Toute personne s'aventurant à parler en faveur de l'oléoduc était huée ou soulevait des rires moqueurs. Ce fut le cas notamment de Dave Collyer, président de l'Association canadienne des producteurs pétroliers.

Le projet de la firme de Calgary est devenu un cheval de bataille important pour le mouvement américain contre les changements climatiques.

Le projet Keystone XL

Le nouvel oléoduc de la compagnie TransCanada, établie à Calgary, doit s'étendre sur plus de 2500 kilomètres. Il devrait être capable de transporter environ un million de barils de pétrole brut par jour entre l'Alberta et le Texas.

Le pipeline, qui pourrait voir le jour en 2013, représente un investissement de sept milliards de dollars américains.
Le PDG de TransCanada, Russ Girling, lors d'une conférence de presse à l'Association américaine des manufacturiers, à Washington, le 7 octobre Le PDG de TransCanada, Russ Girling, lors d'une conférence de presse à l'Association américaine des manufacturiers, à Washington, le 7 octobre  Photo :  PC/AP/Jacquelyn Martin

Lors d'une conférence de presse donnée à l'Association américaine des manufacturiers à Washington, peu avant le début des audiences, le PDG de TransCanada Russ Girling s'est dit surpris de l'opposition à la construction de l'oléoduc Keystone XL.

M. Girling a dit qu'il ne s'attendait pas à ce que le projet, qui doit acheminer le pétrole des sables bitumineux de l'Alberta vers le golfe du Mexique, devienne le centre du débat entourant l'utilisation des énergies fossiles et des formes d'énergies renouvelables.

TransCanada a d'ailleurs construit un pipeline semblable il y a moins de trois ans sans susciter beaucoup d'opposition, précise l'homme d'affaires.

De nombreux protestataires se sont rassemblés au cours de la journée devant l'édifice Ronald-Reagan.

Ces dernières manifestations de mécontentement concluent une mauvaise semaine pour Keystone XL.

Le département d'État a dû insister à de nombreuses reprises pour faire valoir que ses fonctionnaires avaient été impartiaux durant leur étude du projet.

Installations pétrolières en Alberta. Keystone XL relierait au Texas le terminal pétrolier d'Hardisty, en Alberta.  Photo :  PC/Larry MacDougal

D'ici quelques semaines, l'administration Obama doit déterminer ce qui adviendra de l'oléoduc. Il y a à peine quelques mois, la plupart des observateurs considéraient inévitable le feu vert de Washington, étant donné l'appui unanime des Américains à la réduction de la dépendance envers les pays du golfe Persique.

Mais le mouvement écologiste nord-américain, rendu amer par le rejet de lois de protection de l'environnement par le Congrès en 2010, s'est réuni pour s'opposer à la construction de l'oléoduc. Les sables bitumineux albertains ont aussi fait l'objet de critiques.

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