Le centre-ville de Montréal (archives)
L'exode des sièges sociaux inquiète l'Institut des administrateurs de sociétés (IAS). Afin d'enrayer l'hémorragie, les administrateurs doivent se montrer vigilants et le Canada devrait renforcer sa législation, affirme Jean La Couture, le président de la section québécoise de l'IAS.
Provigo, Alcan, Bauer ou encore Bourse de Montréal, le Québec a perdu 25 % de ses sièges sociaux au cours de la dernière décennie. « Le phénomène est canadien », souligne toutefois Jean La Couture, qui avance le chiffre de 13 % de sièges sociaux en moins à l'échelle du pays.
Selon lui, ces déménagements sont préjudiciables à l'économie canadienne dans son ensemble. Parce qu'ils font perdre des emplois hautement qualifiés. Parce qu'ils ont des impacts sur les fournisseurs de services aux entreprises, comme les comptables, les fiscalistes, les avocats, les banquiers ou les agents immobiliers. Et, enfin, parce qu'ils réduisent la sphère d'influence du Canada.
Pour toutes ces raisons, « il est capital que nous conservions nos sièges sociaux », considère M. La Couture, qui organise un atelier sur le sujet lors du dîner annuel de l'IAS, le 20 septembre. Il avance deux pistes pour freiner l'exode des centres décisionnels.
Il appelle en premier lieu ses confrères à ouvrir l'oeil. « Les administrateurs sont les acteurs les plus importants pour garder nos sièges sociaux. Ils doivent faire preuve de vigilance », indique-t-il, soulignant qu'un déménagement ne survient pas du jour au lendemain.
Une législation plus contraignante
Il souhaite également que le gouvernement renforce sa législation. « Il est plus facile pour un étranger d'acheter une entreprise canadienne que pour un Canadien d'acheter une compagnie américaine », souligne M. La Couture. Il ne veut pas pour autant que le Canada soit plus protectionniste que son voisin, mais que « les contraintes canadiennes se situent à un niveau similaire. »
Le président de la section québécoise de l'IAS exhorte enfin le gouvernement du Québec à agir dans ce dossier. Il cite ainsi l'exemple de la Saskatchewan, qui a fait pression sur le gouvernement fédéral pour empêcher la vente de Potash Corp.