Libye : les entreprises canadiennes attendent le retour de la stabilité

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
Des rebelles libyens dans une rue de Tripoli, le 27 août 2011 Des rebelles libyens dans une rue de Tripoli, le 27 août 2011   © AFP/Filippo Monteforte

Les firmes canadiennes Suncor et SNC-Lavalin, dont les activités en Libye avaient été compromises par le conflit armé entre les rebelles et les forces du régime Kadhafi, saluent la levée des sanctions unilatérales canadiennes, mais attendent encore la stabilisation du pays avant d'y reprendre leurs activités.

Le Canada a levé jeudi ses sanctions unilatérales contre le régime libyen. Dans la foulée du conflit, le Canada avait gelé plus de deux milliards de dollars d'actifs libyens. Les sanctions interdisaient aussi aux citoyens et aux sociétés canadiennes de traiter avec le gouvernement libyen ainsi qu'avec ses institutions.

Suncor

Suncor, premier groupe pétrolier canadien, qui possède des gisements pétroliers en Libye depuis son achat en 2009 de Pétro-Canada, avait stoppé sa production évaluée à 50 000 barils par jour dans le bassin de Syrte peu après le début des violences à la mi-février.

Logo de Suncor Energy   © AFP

« Les derniers développements sont certainement positifs pour la population libyenne, mais pour Suncor il est encore trop tôt pour parler des prochaines étapes. Nous n'avons pas pris de décision à propos d'un retour », a déclaré à l'AFP Kelli Stevens, porte-parole du géant pétrolier établi à Calgary.

La responsable souligne notamment l'importance de la sécurité sur le terrain. Suncor avait déjà chiffré les pertes sur ses actifs à 500 millions de dollars en Libye pour les six premiers mois de l'année.

Même si l'entreprise canadienne a stoppé sa production en Libye, elle l'a toutefois maintenue en Syrie, pays arabe où le régime du président Bachar al-Assad poursuit la répression malgré les appels à sa démission de grandes puissances étrangères, y compris le Canada.

Le maintien de la production, en partenariat avec une société d'État syrienne, est vivement critiqué par les opposants du régime et des organisations de défense des droits de l'homme, mais ne tombe pas sous la coupe des sanctions canadiennes contre Damas, car celles-ci ne visent pas directement le secteur pétrolier.

SNC-Lavalin

Siège social de SNC-Lavalin Siège social de SNC-Lavalin

De son côté, la société d'ingénierie et de construction montréalaise SNC-Lavalin travaillait avant la crise à la construction d'une prison en banlieue de Tripoli (un projet de 275 millions de dollars), d'un nouvel aéroport à Benghazi (500 millions) et de conduites d'eau à Sarir (475 millions). En fait, SNC tirait 15 % de ses revenus totaux de la Libye, lorsqu'elle a cessé ses opérations et évacué son personnel dans la foulée des sanctions contre le régime Kadhafi.

« Nous sommes satisfaits d'apprendre que le gouvernement du Canada a levé les sanctions économiques empêchant les entreprises de faire affaire avec le gouvernement de la Libye », a déclaré Amélie Plante, responsable de la communication du groupe canadien.

« Nous entrevoyons avec intérêt la poursuite de nos projets qui étaient déjà en cours, mais avant de procéder, nous devons être certains que la situation est stable et sécuritaire, et nous assurer que nos employés peuvent travailler dans un environnement sécuritaire », a-t-elle ajouté.

Le Conseil national de transition libyen (CNT) a prolongé d'une semaine son ultimatum, désormais fixé au 10 septembre, pour la reddition des combattants de Mouammar Kadhafi, retranchés dans leurs derniers fiefs. Le colonel déchu demeure quant à lui introuvable.

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