Le débrayage appréhendé à Postes Canada a pris la forme d'une grève tournante, commencée la nuit dernière à 23 h 59, heure avancée de l'Est.
Le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) avait spécifié que sa première activité de grève, d'une durée de 24 heures, toucherait Winnipeg, la première ville à avoir subi les répercussions du programme de modernisation de Postes Canada. La grève doit se poursuivre à d'autres endroits que dévoilera le STTP ce matin, à 9 h, au cours d'un point de presse à Ottawa.
« Après plus de sept mois de négociations difficiles et frustrantes », le syndicat veut ainsi forcer Postes Canada à renoncer à ses demandes de concessions et à négocier une entente pour les 48 000 syndiqués.
Le conseil exécutif du syndicat a tenu une rencontre vers 16 h, jeudi, afin de discuter de la dernière offre patronale, déposée en après-midi, mais la décision de faire la grève a été maintenue.
Il s'agit, pour les employés des Postes, du premier débrayage légal en plus de treize ans.
Le directeur national de la section Montréal métropolitain du STTP, Jacques Valiquette, a déclaré au réseau RDI que le syndicat avait déposé une contre-offre. Advenant l'échec des négociations, il n'a pas fermé la porte au déclenchement d'une grève générale.
En entrevue avec la Presse canadienne, jeudi soir, la directrice des relations avec les médias à Postes Canada, Anick Losier, a dit qu'elle était déçue de la tournure des événements, précisant que la direction avait bonifié son offre dans l'espoir d'en arriver à une entente avec ses travailleurs.
Une grève aux Postes aurait des conséquences néfastes et fort étendues, a-t-elle soutenu. « Ça va faire mal à tout le monde : ça va faire mal aux petites et moyennes entreprises, ça va faire mal aux personnes âgées, ça va faire mal aux employés, à l'entreprise. Ce n'est jamais bon un arrêt de travail comme ça. »
Les points en litige
La direction affirme toutefois que sa dernière offre met « en suspens » le programme de système d'assurance invalidité. Si le syndicat accepte, ajoute-t-elle, ce programme fera l'objet d'un « examen par un comité conjoint du syndicat et de la direction ».
La direction dit devoir s'adapter à la concurrence accrue des services privés de messagerie et du courrier électronique. La société affirme que la livraison de courrier commercial a diminué de plus de 17 % depuis 2006.
Par ailleurs, le Conseil du patronat du Québec s'est inquiété, jeudi, des « conséquences très fâcheuses » que pourrait entraîner ce conflit de travail pour les entreprises. Il demande à la ministre fédérale du Travail, Lisa Raitt, de faire pression pour forcer une reprise des négociations entre les parties.
Les parties avaient déjà discuté au bureau de la ministre, mercredi.
Services maintenus
Selon le STTP, les services gouvernementaux suivants feront livrer leurs chèques d'assistance sociale advenant une grève (la liste pour tous les gouvernements est disponible ici) :
Gouvernement fédéral :
Gouvernement du Québec :
L'Association des banquiers canadiens a mis sur son site Internet des informations à l'intention des clients des banques en cas de grève à Postes Canada.
Des compagnies comme Gaz Métropolitain et Bell recommandent à leurs clients d'utiliser leurs services en ligne pour vérifier leur compte et acquitter leurs factures en période de grève.