Un magasin Walmart (archives)
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AFP/Spencer Platt/Getty Images
Le géant américain de la vente au détail Walmart deviendra bientôt épicier au Québec, avec l'arrivée de ses supercentres dans la province cet été, une stratégie que plusieurs qualifient de riposte préventive à l'arrivée prochaine de la chaîne américaine Target.
Le plan de l'entreprise prévoit l'ouverture de 40 supercentres au Canada, dont sept au Québec. L'expansion vers le secteur alimentaire coûtera 500 millions de dollars.
L'entreprise doit composer avec l'arrivée imminente de Target. Grâce à l'achat de Zellers, le concurrent de Walmart pourra ouvrir 150 magasins au pays d'ici 2013.
La vice-présidente principale de l'exploitation Est-du-Canada de Walmart, Chantal Glenisson, soutient toutefois que l'arrivée de Target n'a rien à voir avec la stratégie d'expansion.
« Nos plans d'affaires sont bâtis sur cinq ans, on n'a pas modifié les plans », affirme-t-elle.
Néanmoins, en multipliant ses supercentres, Walmart s'apprête à prendre une place significative dans le domaine de l'alimentation.
Le détaillant livrera concurrence aux épiciers en vendant des produits frais comme des fruits et légumes et de la viande, en plus des produits d'épicerie et de consommation courante que l'entreprise vend déjà.
« Si on ajoute de nouveaux points de vente et que le marché n'est pas en pleine croissance, l'entreprise ira nécessairement prendre des parts de marché quelque part », affirme JoAnne Labrecque, professeure en marketing à HEC Montréal.
Le syndicat des TUAC, qui représente les travailleurs de plus de 300 centres d'alimentation au Québec, croit que Walmart n'aura pas l'effet d'un rouleau compresseur.
« Les Maxi et les Super C sont dans l'escompte depuis 25 ans au Québec. Je ne suis pas sûr que Walmart aura le même impact qu'aux États-Unis [dans l'alimentation] », soutient Tony Filateau, président des TUAC, local 500.
Les producteurs maraîchers voient quant à eux d'un bon oeil l'arrivée d'un nouvel acheteur.
« Le fait d'avoir un nouveau joueur qui arrive sur le marché fait qu'il y aura une option additionnelle quand viendra le temps de négocier les prix en saison », André Plante, directeur général de l'Association des jardiniers maraîchers du Québec.
Toutefois, l'arrivée de Walmart pourrait lancer les épiciers dans une guerre de prix, qui ne serait pas à l'avantage des producteurs agricoles.
Avec le reportage de Vincent Maisonneuve