Près de 1,5 million d'adultes québécois suivent des formations. De ce nombre, 300 000 effectuent un retour aux études et 1,2 million suivent de la formation continue, en se perfectionnant dans le cadre de leur travail.
À ce chapitre, le Québec a fait beaucoup de progrès ces dernières années. En 1995, un adulte sur cinq suivait au moins une formation par année. En 2011, la proportion est d'un sur trois.
Ce secteur est appelé à se développer, notamment parce que la concurrence mondiale demande aujourd'hui de plus en plus de compétences, explique Paul Bélanger, professeur en éducation des adultes à l'Université du Québec à Montréal.
Par ailleurs, la « loi du 1 % » exige que les entreprises au Québec dont la masse salariale dépasse un million de dollars investissent l'équivalent d'au moins 1 % de leur masse salariale dans la formation des employés. Certaines entreprises investissent davantage que ce minimum requis, comme le bureau d'architectes Lemay et associés à Montréal. L'entreprise prévoit investir cette année près de 2 % de sa masse salariale dans la formation continue pour ses quelque 150 employés.
Virginie Gilbert, responsable des ressources humaines, explique que les architectes acquièrent des compétences très techniques dans leur formation universitaire. Toutefois, lorsqu'ils viennent à occuper des postes de chargés de projet, ils doivent acquérir des compétences de gestion. C'est pourquoi le bureau choisit d'investir davantage dans la formation.
Des ressources supplémentaires
Toutefois, pour des PME, la formation exige de trouver des fonds, de libérer les employés et d'organiser ces formations.
Les entreprises se tournent de plus vers des organismes spécialisés, comme la mutuelle FormaPlus, qui regroupe 127 PME à Montréal. Les entreprises peuvent devenir membres de l'organisme en y cotisant. Grâce à cette mise en commun de fonds, l'organisme gère les formations pour ces entreprises.
Des pays ont adopté d'autres approches, comme l'offre de crédits, des plans d'épargne, ou des congés pour la mise à niveau.
Chez Ford, en Grande-Bretagne, depuis la fin des années 1980, on paye aux employés des cours de musique, de cuisine, ou encore de maçonnerie. L'employeur estime que ces cours contribuent à développer la créativité des employés et d'autres compétences utiles pour la productivité des travailleurs.
Le Québec souligne jusqu'au 10 avril la semaine québécoise des adultes en formation.
Avec le reportage de Gaëlle Lussiaa-Berdou