Coup dur au rapprochement des bourses de Londres et de Toronto

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Bourse de Toronto La Bourse de Toronto (archives)   © AFP/Malcolm Taylor

Quatre des grandes banques canadiennes s'opposent au projet de fusion des bourses de Toronto et de Londres, selon deux quotidiens torontois.

Les banques TD, CIBC, Scotia et Nationale publieraient dès cette semaine, affirme le Globe and Mail, une lettre expliquant que ce projet affaiblira le poids du pays en tant que centre financier.

Cette sortie publique sera un coup dur pour le Groupe TMX qui annonçait le mois dernier son intention de créer avec le London Stock Exchange Group (LSEG) l'une des plus importantes places financières mondiales.

Le National Post précise également que parmi les opposants au projet se trouve l'ancien ministre conservateur et actuel vice-président de la CIBC, Jim Prentice. Il croit que la transaction devrait être bloquée si elle ne contient pas des conditions permanentes protégeant les intérêts du Canada. Jim Prentice était ministre de l'Industrie lorsque la vente de MDA Aerospace à une entreprise américaine a été bloquée.

La Banque Royale (RBC) et de Montréal (BMO) ne seraient pas signataires de cette lettre en raison de leur rôle dans le rapprochement des deux groupes. La RBC est conseillère de la Bourse de Londres dans le projet de fusion et la BMO conseille, pour sa part, la Bourse de Toronto.

Selon le projet annoncé en février, les actionnaires du LSEG détiendront 55 % des actions de la nouvelle entité, dont la valeur dépassera les 6 milliards de dollars. Présenté comme une fusion d'égaux, ce projet est plutôt perçu par ses opposants comme une prise de contrôle du groupe TMX.

Plus de la moitié des négociations sur le parquet de la Bourse de Toronto est entre les mains des grandes banques canadiennes.

Les parlementaires ontariens discutent de la fusion

Le comité spécial de l'Assemblée législative de l'Ontario sur la transaction proposée entre le Groupe TMX et le LSGE tenait des audiences publiques, mercredi. Des dirigeants et ex-dirigeants de compagnies du secteur financier ainsi que des lobbys miniers et financiers venaient y livrer leur point de vue sur l'éventuelle fusion des deux groupes.

Le comité parlementaire, composé de neuf députés provenant des trois partis représentés à Queen's Park, a pour mandat d'examiner et présenter ses observations et recommandations concernant l'impact de l'éventuelle fusion des bourses sur le Canada et l'Ontario, particulièrement sur le secteur financier de Toronto et le secteur minier du nord de l'Ontario.

Éviter l'exode

L'investisseur montréalais Stephen Jarislowsky s'élève contre la fusion des groupes canadiens et britanniques qui entraînera, croit-il, un exode des cerveaux et des sièges sociaux.

« Où croyez-vous que se trouveront les grandes sociétés d'investissement? Elles ne seront pas au Canada, elles seront à Londres », dit-il.

« Cela ne fait-il pas perdre une énorme quantité de revenus fiscaux? Cela ne veut-il pas dire que nous éduquons des gens pour d'autres pays - pour qu'ils quittent [le Canada] parce qu'il n'y a plus d'opportunités ici? », ajoute M. Jarislowsky.

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