Installation pétrolière en Espagne
©
AFP/CESAR MANSO
À mesure que la révolte en Libye prend de l'ampleur, les prix du pétrole atteignent un nouveau sommet. Le baril de brut touche 119 $US à Londres et atteint 99,58 $US à New York, en hausse de 1,48 $US.
La situation semble se détériorer jeudi matin sur le territoire libyen. Le producteur pétrolier italien ENI affirme que sa production est maintenant réduite de moitié. La Chine soutient que les installations de sa société nationale pétrolière en Libye ont été attaquées. Pékin a par ailleurs annoncé le rapatriement accéléré des 400 travailleurs.
Mercredi, le pétrole négocié à New York dépassait les 100 $US.
Inquiétude sur les marchés
Des analystes de Goldman Sachs soulignent dans une étude que de nouvelles perturbations dans la région pourraient provoquer d'importantes pénuries de pétrole, ce qui entraînerait des rationnements.
Goldman Sachs précise que les stocks de brut dans le monde sont suffisamment élevés pour supporter un arrêt total des approvisionnements libyens pendant environ une centaine de jours.
La perturbation d'environ 2 % de l'offre mondiale, soit de la taille de la production libyenne, fait grimper les prix. Le prix du baril de pétrole brut de la mer du Nord, négocié à Londres, a augmenté d'environ 20 $US en moins d'une semaine.
Bulle spéculative
Selon Rachad Antonius, directeur de la Chaire de recherche en immigration, ethnicité et citoyenneté, à l'UQAM, les variations actuelles sur les marchés internationaux sont exagérées. Même en cas d'un arrêt complet de la production libyenne, l'offre et la demande mondiale seraient toujours en équilibre. Cette spéculation, à son avis, est criminelle, puisqu'elle aura un effet dévastateur sur un nombre incalculable de gens dans le monde qui pourraient perdre leur emploi. Elle ne profitera qu'aux entreprises et à leurs actionnaires.
En France, le gouvernement parle d'une bulle spéculative sur le pétrole en affirmant que les craintes sur les marchés ne sont pas raisonnables. Selon des journalistes qui sont sur place, le régime Kadhafi ne contrôlerait plus les ressources pétrolières. La production pétrolière chimique et la production d'uranium, les principales ressources en Libye, sont concentrées dans le sud et l'est du pays, dans la région de Benghazi qui échappe maintenant au contrôle du régime.