Le PDG de Total, Christophe de Mergerie (à l'avant-plan)
©
AFP/François Guillot
La pétrolière française Total, qui s'intéresse au potentiel du gaz de schiste en France, juge que la polémique lancée par les écologistes sur les gaz de schiste n'a pas de raison d'être.
Au cours de la présentation des résultats annuels de son entreprise, le PDG de la pétrolière, Christophe de Margerie, s'est dit agacé par le débat sur les dangers potentiels de ce type d'énergie. « On ne sait pas s'il y a des gaz de schiste en France. C'est bien de parler des problèmes que cela peut poser - si un jour il y en a - mais aujourd'hui, il n'y en a pas », a-t-il souligné.
Le sous-sol français regorgerait de ressources en gaz et en huiles de schiste dont l'exploitation envisagée suscite la controverse. Les écologistes et les citoyens dénoncent les méthodes de forage utilisées ailleurs dans le monde, qui nécessitent d'importantes quantités d'eau. La population appréhende une contamination des nappes phréatiques et la dégradation de l'environnement.
Le gouvernement français a accordé l'an dernier trois permis d'exploration de gaz de schiste, notamment à GDF Suez et à Total. Le territoire confié à Total couvre une zone de 4300 kilomètres carrés dans la région de Montélimar, dans le sud-est du pays.
Les citoyens français dénoncent le fait que les licences d'exploration aient été accordées sans enquête publique. « S'il faut demander l'autorisation pour avoir le droit un jour de demander l'autorisation, on va commencer à tomber dans la paperasserie inutile », a dit Christophe de Margerie.
Les premiers forages exploratoires pourraient avoir lieu en avril. « Ce ne sont pas des forages d'exploration, ce sont des forages verticaux, sans injection de quoi que ce soit, qui permettent d'aller reconnaître le sous-sol » a expliqué M. de Margerie.