L'impact économique de la crise égyptienne

  |  Radio-Canada avec Associated Press, Agence France-Presse et Reuters
Des policiers et des manifestants se sont affrontés à Suez jeudi. Des policiers et des manifestants se sont affrontés à Suez jeudi.   © AFP/Khaled Desouki

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) augmenterait sa production si les tensions en Égypte perturbaient le canal de Suez - passage stratégique du commerce mondial - causant une pénurie de pétrole.

C'est ce que déclaré lundi Abdallah El-Badri, secrétaire général de l'OPEP, selon l'agence Dow Jones Newswires.

Les médias officiels, citant lundi un responsable du canal de Suez, indiquent que le canal fonctionne « à plein régime », après sept jours de violentes manifestations du peuple contre le gouvernement en Égypte.

Le canal de Suez qui relie Port-Saïd, sur la Méditerranée, à Suez, sur la mer Rouge, représente la troisième source en devises étrangères de l'Égypte.

Le volume de son trafic est considéré comme indicateur de la santé du commerce maritime dans le monde.

D'autres perturbations économiques de la crise

Le nombre d'entreprises qui ferment temporairement leurs portes ou pour une période indéterminée ne cesse d'augmenter.

SNC-Lavalin a annoncé lundi qu'elle fermait ses bureaux au Caire jusqu'à ce que la situation se stabilise. L'entreprise canadienne compte 50 employés dans la mégapole égyptienne, mais peu d'entre eux sont des Canadiens, selon ce qu'a indiqué une porte-parole à Radio-Canada.

De son côté, Adel Boulos, vice-président d'Amira, une entreprise canadienne qui importe des fruits séchés et des noix, en partie en Égypte, confirme que son groupe a depuis peu cessé ses activités dans ce pays. Égyptien d'origine, il se demande comment ses compatriotes pourront aller dans les banques et acheter des aliments au moment où l'activité économique est grandement ralentie dans le pays. « Tous les Égyptiens sont inquiets ici pour tout le peuple là-bas », mentionne M. Boulos.

Nissan, constructeur japonais de véhicules, le brasseur néerlandais Heineken, le géant français Lafarge et l'armateur danois Maersk, notamment, cessent provisoirement leurs activités en Égypte.

La Bourse et les banques sont fermées lundi à cause des manifestations.

L'agence de notation Moody's a abaissé lundi la note de l'Égypte, qui passe de Ba1 à Ba2, en raison des troubles dans le pays. Les perspectives, autrefois jugées stables par l'agence, sont désormais considérées comme négatives.

Moody's attribue sa décision à « l'augmentation importante du risque politique » et les inquiétudes concernant les répercussions sur « les finances publiques déjà affaiblies de l'Égypte ».

L'agence de notation Fitch a aussi émis la semaine dernière des perspectives défavorables, plaçant l'Égypte en surveillance négative.

Au sujet des réserves de change de l'Égypte, elles risquent de fondre comme neige au soleil si la crise politique et sociale se poursuit. Les banques pourraient subir un flot de retraits précipités.

Au sujet du tourisme, qui a rapporté 11,59 milliards de dollars américains à l'Égypte durant la dernière année financière, si la crise se prolongeait, les dégâts pour ce secteur majeur de l'économie égyptienne pourraient être considérables.

Échanges commerciaux Canada-Égypte

En 2009, les exportations canadiennes de marchandises vers l'Égypte se sont chiffrées à 639,4 millions de dollars, ce qui a fait de ce pays le troisième marché d'exportation en importance du Canada dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord durant l'année. Les produits suivants faisaient partie des principales exportations à destination de l'Égypte en 2009 : matériel ferroviaire, fer et acier, machines et légumes. En 2009, les exportations ont plus que triplé par rapport à 1999.

Les importations en provenance de l'Égypte se sont établies à 114 millions de dollars en 2009. Les principaux produits importés étaient des fertilisants, des revêtements de sol textiles, du carburant et du pétrole ainsi que des vêtements tissés.

D'importants investissements bilatéraux existent entre les deux pays, l'investissement canadien direct dans le secteur des produits chimiques de l'Égypte atteignant des milliards de dollars. Par ailleurs, l'Égypte a investi des millions de dollars dans le secteur des télécommunications au Canada.

Les secteurs de croissance vitaux pour attirer les activités commerciales et les investissements des entreprises canadiennes sont les suivants : agriculture, aliments et boissons, technologies de l'information et des communications, éducation, industrie forestière, pétrole et gaz, mines, industries de services et projets d'immobilisation.

L'économie avec Gérald Fillion

Classe économique avec Jean-Sébastien Bernachez

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