Le ministère des Transports du Québec demande à la Société de transport de Montréal de reporter d'une semaine l'appel d'offres international qu'elle devait lancer jeudi sur le remplacement des wagons du métro.
Québec demande à la Société de transport de Montréal de reporter d'une semaine l'appel d'offres international qu'elle devait lancer aujourd'hui, plaidant l'urgence de la situation. La compagnie espagnole CAF dénonce cette décision.
Le bureau ministre Sam Hamad a indiqué à Radio-Canada qu'aucun partenaire ne ferait de commentaires au cours des sept prochains jours, soit la période du report de l'appel d'offres.
En matinée, le ministre Hamad a déclaré qu'il y avait une situation d'urgence et que le gouvernement devait agir rapidement.
De plus, La Presse indique, jeudi matin, que le gouvernement Charest va permettre à la STM de conclure un contrat de gré à gré avec Bombardier-Alstom pour le contrat visant le remplacement des wagons du métro de Montréal.
Le contrat initialement prévu pour 1053 voitures serait revu à un peu moins de 500 wagons.
Pour mettre fin à ce dossier qui dure depuis quatre ans, Québec pourrait recourir à une loi d'exception qui serait déposée à l'Assemblée nationale dans les prochains jours.
Réactions des compagnies étrangères
Les dirigeants de l'entreprise espagnole CAF se disent étonnés de la décision du gouvernement du Québec de suspendre temporairement l'appel d'offres.
La compagnie a envoyé jeudi une lettre au premier ministre du Québec, dans laquelle elle demande une rencontre rapidement.
« Nous croyons que la question de l'urgence pour passer outre au processus d'appel d'offres international ne peut être invoquée. Comme nous l'avons maintes fois répété, il est tout à fait possible pour CAF ou tout autre constructeur de voitures de métro de livrer les premières voitures de façon à respecter l'échéancier initial de la STM », indique la compagnie dans un communiqué.
Par ailleurs, une loi d'exception aurait également l'avantage de fermer la porte à la compagnie chinoise Zhuzhou qui souhaite que la STM élimine l'exigence que ce soit des wagons sur pneus. La compagnie chinoise, qui ne fabrique que des wagons à roues métalliques, a demandé à l'avocat montréalais Julius Grey de préparer une procédure judiciaire visant à forcer la STM à éliminer cette exigence.
Réactions à La Pocatière
Le maire de La Pocatière, Sylvain Hudon, est heureux des derniers développements dans ce dossier. C'est dans l'usine Bombardier située dans sa ville, où doivent être construites les voitures du métro de Montréal si le consortium Bombardier-Alstom obtient le contrat de la STM.
Même si M. Hudon réclamait une telle négociation pour relancer l'usine de sa localité, il reste prudent. « Depuis quatre ans que ça va de rebondissement en rebondissement. Alors, si ça se confirme, c'est une bonne nouvelle. Effectivement, si on a été prêt à attendre pendant quatre ans, vous pouvez être sûr qu'avant de crier "joie, on l'a", je suis prêt à attendre encore une semaine ou deux, ça c'est sûr. »
Pour le directeur général de la Conférence régionale des élus du Bas-Saint-Laurent, Gérald Beaudry, il s'agit d'une lueur d'espoir. « Le dossier de Bombardier est une grande priorité pour la région. On en connaît tous les impacts [...] Cette fois-ci, étant donné que cela a été abordé de façon directe au conseil des ministres, ça nous laisse présager que cette fois-ci c'est peut-être la bonne. »