Pierre Karl Péladeau participait à la conférence de presse à l'aide d'une webdiffusion.
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Vidéotron
Afin de s'implanter davantage dans le marché québécois des télécommunications sans fil, Vidéotron, une filiale de Quebecor, a lancé jeudi son réseau de téléphonie cellulaire.
Après en avoir reporté le lancement plus tôt cette année, le géant québécois des communications dévoile son propre réseau de téléphonie cellulaire, qui concurrencera ceux de Bell, de Rogers et de Telus. L'annonce est bien accueillie par les analystes.
Lors d'une conférence de presse webdiffusée à partir de Montréal et de Québec, le PDG de Quebecor, Pierre Karl Péladeau, et le chef de la direction de Vidéotron, Robert Dépatie, ont dévoilé les détails de ce nouveau service, qui a nécessité un investissement de plus de 1 milliard de dollars.
Le géant québécois des communications propose notamment des forfaits illimités en temps d'antenne. Les appels entre abonnés de la téléphonie sans fil, résidentielle et d'affaires seront gratuits, qu'ils soient locaux ou interurbains.
Vidéotron se targue de couvrir plus largement les grandes zones urbaines du Québec. Pour l'instant, le réseau est essentiellement offert entre Montréal et Québec. Le reste de la province sera couvert d'ici le printemps prochain. D'ici là, Vidéotron utilisera les réseaux de Rogers et de T-Mobile.
Puisque la bande de fréquence de son réseau ne permet pas l'utilisation de l'iPhone, l'entreprise mise sur le Nexus One, un appareil fabriqué par HTC qui utilise le système d'exploitation développé par Google, Androïd. Des discussions sont cependant en cours avec Apple pour intégrer le populaire téléphone intelligent à l'offre de Vidéotron.
Afin de s'assurer de la qualité de son réseau, l'entreprise avait décidé, plus tôt cette année, d'en reporter le lancement.
Rappelons que Vidéotron offre déjà le service sans fil grâce à une entente signée en septembre 2005 avec Rogers. Au 11 août 2010, Vidéotron comptait 87 000 lignes.
Les analystes s'entendent pour dire que les forfaits proposés sont intéressants dans la mesure où le client est déjà abonné aux autres services, comme le câble, l'Internet et la téléphonie résidentielle. Les clients qui ne veulent que le sans-fil n'y trouveront peut-être pas leur compte.
Si on enlève les autres services et que vous ne prenez que le cellulaire de Vidéotron, les prix ne sont pas si attrayants que cela. »
— Charles Tanguay, de l'Union des consommateurs
En ce qui a trait aux données, la facture des utilisateurs peut augmenter vite étant donné que les limites de téléchargements sont relativement basses, juge M. Tanguay.
Philippe Le Roux, président de l'agence Phéromone, est du même avis. Ceux qui consomment beaucoup de bande passante sur leur mobile devront être vigilants, avertit-il.
Rappelant que les marchés canadien et québécois de la téléphonie sans fil sont peu concurrentiels comparativement au marché américain par exemple, Philippe Le Roux estime que l'entrée en scène de Vidéotron, bien qu'elle secoue la concurrence, n'annonce pas de grande révolution.
Ça reste des prix fixés sur la capacité de payer des gens beaucoup plus que sur les coûts réels des compagnies. »
— Philippe Le Roux, président de l'agence Phéromone
Selon les données du CRTC, le marché est actuellement dominé par les gros joueurs de la téléphonie traditionnelle, soit Bell (39 %), Rogers (33 %) et Telus (26 %).
Récemment, de nouveaux joueurs sont venus brasser les cartes, dont Public Mobile, Wind Mobile et Mobilicity. Rogers a notamment répliqué en lançant une nouvelle marque d'opérateur de téléphonie cellulaire, Chatr.
Le câblodistributeur Shaw Communications doit également entrer dans la danse, avec la mise en service prochaine de son service de téléphonie cellulaire.