Logo Radio-Canada
Économie

Marée noire
Une série d'erreurs, selon BP

Mise à jour le mercredi 8 septembre 2010 à 21 h 34

La plateforme Deepwater Horizon

Photo: AFP/U.S. Coast Guard

La plateforme Deepwater Horizon avant qu'elle ne sombre dans le golfe du Mexique en avril dernier.

Selon un rapport préparé par la pétrolière BP, la marée noire du golfe du Mexique n'a pas été provoquée par un seul événement.

Il s'agit plutôt d'une série de décisions impliquant plusieurs entreprises et équipes de travail qui ont entraîné l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon fixée au puits Macondo.

Onze personnes sont mortes dans cette tragédie et une marée noire a envahi les côtes de plusieurs États américains.

BP partage donc la faute avec ses partenaires de la plateforme Deepwater Horizon. « Le rapport d'enquête fournit de nouvelles informations critiques sur les causes de ce terrible accident, a dit le PDG de BP Tony Hayward à la sortie du rapport. Il est évident qu'une série d'événements complexes, plutôt qu'une erreur ou qu'une défaillance unique, a mené à la tragédie. Plusieurs parties, dont BP, Halliburton et Transocean, ont été impliquées dans l'accident. »

Le rapport de 193 pages détaille les événements qui ont mené à la catastrophe. L'explosion s'est produite après une série de problèmes techniques et complexes interreliés, d'erreurs humaines, de mauvais concepts d'ingénierie et de réalisations techniques.

Parmi les conclusions :

  • L'emploi d'un anneau de ciment au fond du puits Macondo par Halliburton qui devait contenir les hydrocarbures a été mal fait.
  • Les tests de forage ont été mal évalués par BP et son partenaire Transocean.
  • Pendant une période de 40 minutes, Transocean n'a pas agi sur l'afflux d'hydrocarbures dans le puits, qui a coulé par la suite jusqu'à la surface de la plateforme.
  • Le flux de gaz dans la salle des machines par le biais du système de ventilation a créé un climat propice à une explosion.
  • Après l'explosion, les outils de sécurité qui auraient dû se déclencher automatiquement pour sceller le puits n'ont pas fonctionné.

« Le test de pression négatif a été accepté alors qu'il n'aurait pas dû l'être, il y a eu des défaillances dans les procédures de contrôle du puits et dans le système qui devait empêcher la plateforme d'exploser; et le système de feu et de gaz de la plateforme n'a pas empêché l'explosion », a précisé M. Hayward.

BP exploitait la plateforme qui avait été construite par Transocean Petroleum et fixée au puits par Halliburton.

Jugeant que le rapport dissimule des « éléments cruciaux », Transocean a indiqué que, lors de la conception et de la construction de la plate-forme, BP « a pris une série de mesures destinées à réduire les coûts qui ont accru les risques, dans certains cas, fortement ».

Après le rapport, les poursuites

Le rapport interne de BP sur la tragédie donne le ton sur la stratégie de défense que va prendre la compagnie dans les poursuites auxquelles elle fait face.

Le partage de la faute par BP a rassuré les investisseurs. Le titre de BP était en baisse avant la divulgation du rapport, mais il est reparti à la hausse à la Bourse de Londres après sa publication.

L'économie avec Gérald Fillion

Dossiers en profondeur

Console Audio-vidéo