La STM suspend un appel d'offres

Un clavier d'ordinateur   © iStockphoto

La Société de transport de Montréal (STM) suspend un appel d'offres après s'être rendu compte qu'elle pourrait faire l'objet d'une poursuite.

Alors qu'elle cherche à acheter des licences pour ses équipements informatiques, la Société de transport de Montréal met en veilleuse un appel d'offres par crainte d'être poursuivie par l'industrie du logiciel à code source libre.

La STM veut acheter 2577 licences afin d'utiliser la suite bureautique Office de Microsoft dans son parc informatique. En ce sens, elle a lancé un appel d'offres le 18 août afin de trouver un revendeur, pour un contrat estimé à 500 000 $.

Cet appel d'offres, restreint aux produits Microsoft, a été dénoncé par un organisme qui fait la promotion des logiciels à code source libre. En entrevue avec Radio-Canada, le président de FACIL, Daniel Pascot, considère que cet appel d'offres est incompréhensible. Il n'excluait pas un recours contre la STM devant les tribunaux.

Rappelons que le 3 juin dernier, le juge Denis Jacques, de la Cour supérieure, a déclaré illégal un appel d'offres de la Régie des rentes du Québec (RRQ) qui ne demandait que des produits Microsoft pour renouveler plusieurs de ses logiciels.

Le juge a écrit que la RRQ ne pouvait pas restreindre son choix à un seul fournisseur sans avoir fait au préalable « une recherche sérieuse et documentée » démontrant que seule Microsoft pouvait répondre à ses besoins.

À l'époque, Cyrille Béraud, président de Savoir-faire Linux et directeur de l'Association professionnelle des entreprises en logiciel libre, a indiqué que le plus grand gagnant de l'utilisation du logiciel libre sera l'État québécois, « qui sera libéré de l'emprise des multinationales sur ses systèmes d'information ».

Le conseil d'administration de la STM a examiné la question mercredi. « Les membres du conseil [...] ont décidé de suspendre le processus d'appel d'offres afin d'analyser les impacts de l'implantation d'une nouvelle plate-forme de bureautique comme OpenOffice ou autres produits comparables », a indiqué par courriel la porte-parole de la STM, Odile Paradis.

D'après un reportage de Jean-Hugues Roy

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