Logo Radio-Canada
Économie

Immobilier
Une bulle menace le Canada

Mise à jour le mercredi 1 septembre 2010 à 9 h 16

Projet domiciliaire à Oakville.

Photo: La Presse Canadienne /Nathan Denette

Projet domiciliaire à Oakville.

Le Centre canadien de politiques alternatives rapporte que les ventes de maisons semblent ralentir au Canada, mais les prix n'ont jamais été aussi élevés. Les prix dans six des plus grands marchés canadiens, dont Montréal, s'approchent de la bulle immobilière pour la première fois en 30 ans. Il pourrait y avoir, selon le groupe de réflexion d'Ottawa, une crise comme celle qu'ont connue les États-Unis.

Le prix de vente des maisons se situe entre 4,7 et 11,3 fois le revenu médian des Canadiens. Des niveaux supérieurs aux niveaux historiques de confort qui sont entre trois et quatre fois le revenu médian.

Le revenu médian est la valeur qui sépare les revenus des familles en deux parties égales, la moitié des familles ayant un revenu supérieur à cette valeur et l'autre moitié, un revenu inférieur.

Les ventes ont baissé de 25 % par rapport au sommet atteint au début de l'année. Il y a maintenant moins d'acheteurs en concurrence et l'offre augmente.

Les prix de vente étaient en hausse de 13,6 % en juin comparativement à 2009 dans les grandes villes. Et comparativement à mai, les prix étaient de 1,5 % supérieurs.

Le chercheur associé David Macdonald soutient que la courbe des prix dans bon nombre de villes laissait poindre un « accident sur le point de se produire ».

Le Canada a vécu trois bulles immobilières au cours des 30 dernières années. Selon le rapport, elles surviennent quand les prix de vente des maisons augmentent au-delà de l'inflation, des revenus des ménages et de la croissance économique.

Qu'est-ce qu'une bulle immobilière?

De façon générale, une bulle immobilière se crée lorsque les taux d'intérêt sont bas et l'accès au crédit est facilité, ce qui entraîne une hausse de la demande immobilière. Toutefois, lorsque les taux d'intérêt repartent à la hausse et l'accès au crédit est restreint, ceci fait chuter la demande immobilière et éclater la bulle.

Le rapport soutient qu'une hausse de seulement 1 % à 1,25 % des taux hypothécaires au Canada pourrait suffire à entraîner les prix des maisons à la baisse et à causer une crise similaire à celle qui a touché les États-Unis.

Le Centre canadien de politiques alternatives rappelle que les villes de Toronto et de Vancouver ont connu des bulles immobilières dans les années 80 et 90. Mais la situation actuelle ne touche pas que ces deux grandes villes: Calgary, Edmonto, Ottawa et Montréal voient maintenant le prix moyen de leurs maisons dépasser 300 000 $.

Mais un économiste à la Banque de Montréal, Douglas Porter, affirme que le rapport est beaucoup trop pessimiste. « Vu le rebond qu'on observe du côté de l'emploi dans la dernière année au Canada et le fait que les taux d'intérêt restent à des niveaux très favorables, je ne peux pas être aussi pessimiste sur l'avenir du marché des maisons. »

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne

L'économie avec Gérald Fillion

Dossiers en profondeur

Console Audio-vidéo