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PC/Paul Sakuma
Petite révolution dans le monde de la téléphonie cellulaire aux États-Unis : le Bureau fédéral du droit d'auteur a autorisé lundi le contournement de restrictions d'utilisation des téléphones cellulaires dans une mise à jour du Digital Millenium Copyright Act (DMCA).
Le Bureau du droit d'auteur autorise la modification du système d'exploitation des téléphones intelligents pour installer des applications tierces et le changement d'opérateur une fois le contrat initial fini.
Cette pratique, plus connue sous le nom de « jailbreaking », permet de modifier le système d'exploitation du téléphone dans le but d'y installer des applications qui n'ont pas été forcément approuvées par le fabricant.
Apple représente un précurseur en la matière avec son AppStore pour l'iPhone, dont les règles de sélection ont été critiquées à plusieurs reprises. Plusieurs fabricants de téléphones ont ensuite adopté un modèle similaire, à l'exception notable de Google et de son système Android.
Rien n'interdit toutefois à Apple et aux autres fabricants de désactiver ce déverrouillage lors d'une mise à jour du système d'exploitation - ce que fait actuellement l'entreprise de Steve Jobs.
Le changement d'opérateur aussi autorisé
D'autre part, l'organisme fédéral qui dépend de la Bibliothèque du Congrès autorise aussi les propriétaires d'un téléphone à changer d'opérateur. Une fois le contrat avec son fournisseur initial échu ou annulé, chaque client pourra enlever le verrou qui lie le téléphone à celui-ci et changer d'opérateur.
Cette possibilité existe déjà pour plusieurs types de téléphones cellulaires. Certains utilisateurs s'en servent pour changer d'opérateur lors de leur voyage à l'étranger, par exemple. Mais en cours de contrat, cette mesure ouvrait la porte à des poursuites avant la modification de cette loi aux États-Unis.
« Le Bureau du droit d'auteur reconnaît que le but premier des verrous sur les téléphones cellulaires est d'attacher les clients à leur réseau actuel plutôt que de protéger les droits d'auteur », s'est félicité Jennifer Granick, la directrice de l'Electronic Frontier Foundation.
Apple soutient qu'une opération de « jailbreaking » (étape nécessaire au déverrouillage d'opérateur sur l'iPhone) rend le système instable et qu'elle annule la garantie.
L'Electronic Frontier Foundation, un organisme de défense des libertés civiles qui a réclamé ses modifications, évalue à 1 million le nombre d'utilisateurs ayant déverrouillé leur téléphone, soit pour obtenir de nouvelles applications soit pour changer d'opérateur.
Plus de verrous au Canada?
Au Canada, le député néo-démocrate Bruce Hyer a présenté un projet de loi pour forcer les opérateurs de téléphonie à déverrouiller leurs appareils à la demande des consommateurs à la fin du contrat ou en l'absence de celui-ci. La loi autorise actuellement ce déverrouillage, mais rien ne force les opérateurs à s'y conformer.
Plusieurs pays ont adopté des règlements en ce sens. Par exemple, la loi française autorise le déverrouillage des réglages d'opérateur gratuitement au bout de six mois.
D'autre part, Apple a annoncé qu'elle allait vendre son nouveau modèle de téléphone, l'iPhone 4, sans obligation de contrat avec un opérateur au Canada. Sans les rabais consentis par les fournisseurs d'accès, l'appareil coûtera 659 $ pour le modèle de base.
Aux États-Unis, les consommateurs doivent prendre un contrat avec AT&T en vertu d'une entente d'exclusivité.
La mise en marché au Canada est prévue jeudi prochain, tout comme dans 16 autres pays. L'iPhone 4 est en vente depuis le 24 juin dernier.