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PC/Manu Fernandez
Les autorités des Émirats arabes unis affirment que le téléphone intelligent Blackberry contrevient aux lois nationales sur la sécurité du pays.
L'autorité de réglementation des télécommunications émiraties craint que le Blackberry ait des répercussions sociales et judiciaires sérieuses. D'autres pays ont aussi ce téléphone à l'oeil.
Selon elles, le téléphone de l'entreprise Research in Motion permet une utilisation malveillante de la part des usagers émiratis. L'autorité de réglementation des télécommunications craint que le Blackberry n'ait « de sérieuses répercussions sociales, judiciaires et sur la sécurité nationale ».
Les données utilisées sur les Blackberry passent par des serveurs externes au pays au Canada et au Royaume-Uni, sur lesquels les Émirats n'ont pas de contrôle. Ils souhaiteraient disposer d'une surveillance plus étroite des informations accessibles par le téléphone intelligent. Les Émirats ne menacent toutefois pas de retirer le téléphone du marché pour l'instant.
« Cet avertissement, lancé par les autorités, constitue une nouvelle offensive contre les Blackberry et leur potentiel de diffusion d'informations. Le régime voie les services proposés par Blackberry - notamment son service de messagerie instantanée - comme une entrave à sa stratégie de renforcement de la censure, du filtrage et de la surveillance », a dénonce lundi Reporters sans frontières.
D'autres pays, comme l'Inde, ont affiché les mêmes inquiétudes.
L'opérateur Etisalat, détenu par le gouvernement des Émirats arabes unis, avait essayé d'installer un logiciel de surveillance des messageries sur les Blackberry l'an passé. Il était alors présenté comme un correctif. Les utilisateurs s'étaient opposés à ce contrôle et Research in Motion avait distribué un programme pour supprimer ce logiciel.
Une percée en Chine
En Chine, Research in Motion tente de percer le marché depuis plusieurs années. Grâce à des ententes avec les opérateurs China Mobile et China Telecom, l'entreprise peut offrir ses produits dans l'Empire du milieu, mais seulement aux clients institutionnels pour l'instant.
Les trois principaux opérateurs chinois sont tous détenus par l'État. Ils cumulent 750 millions d'abonnés.
Selon le Financial Times, Research in Motion possède seulement 3 % du marché chinois des téléphones cellulaires.
Au début de l'année, le gouvernement chinois a demandé à ces opérateurs de surveiller les messages SMS, officiellement pour lutter contre la pornographie. Il tente aussi de censurer d'autres services comme Twitter, mais la structure décentralisée du réseau rend le contrôle plus difficile.
Des inquiétudes aux États-Unis et en Europe
Aux États-Unis, les services de sécurité ont renforcé le contrôle du téléphone du président, Barack Obama, qui souhaitait le conserver malgré de possibles brèches dans la confidentialité des données.
En Europe, plusieurs pays se sont inquiétés de la confidentialité des données. Par exemple, le gouvernement français a interdit l'usage du Blackberry à ses hauts fonctionnaires, là aussi pour des questions de confidentialité.
Ces restrictions concernent toutefois des inquiétudes de nature économique et non sociale.
De son côté, Blackberry soutient avoir « reçu l'approbation de l'OTAN ainsi que des agences gouvernementales aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, en Autriche, en Australie et en Nouvelle-Zélande pour le stockage et la transmission des données sensibles ». Ces certifications restent toutefois limitées à certains niveaux de sécurité. RIM ajoute que ses données sont cryptées.
L'entreprise canadienne cite aussi en exemple l'implantation de son système au sein du ministère de l'Économie français, en partenariat avec les services gouvernementaux.