Le patron de BP, Tony Hayward
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AFP/Carl Court
Le départ prochain du directeur général de BP, Tony Hayward, n'est qu'une opération de relations publiques, selon Me Warren Perrin, qui représente des pêcheurs que la marée noire dans le golfe du Mexique a laissés sans travail.
Le patron de BP, Tony Hayward, quitterait ses fonctions en octobre pour être réaffecté en Russie. L'avocat Warren Perrin, qui représente des victimes, n'y voit qu'une opération de relations publiques.
Dans une entrevue diffusée lundi au réseau RDI, l'avocat louisianais, qui est aussi le président du Conseil pour le développement du français en Louisiane, ne se dit pas surpris par l'annonce, mais affirme que cela ne changera rien.
Il croit en outre que BP retarde volontairement le processus d'indemnisation des victimes pour acheter du temps.
Plus tôt dans la journée, une source de BP proche du dossier a affirmé que M. Hayward quittera ses fonctions en octobre prochain.
Selon cette même source, Tony Hayward prendrait une fonction d'administrateur non exécutif au sein de la coentreprise de BP en Russie, TNK-BP.
La pétrolière, qui a tenu un conseil d'administration lundi après-midi, a refusé de commenter la nouvelle.
BP refuse de confirmer le départ de Hayward
Dans un communiqué émis en matinée, BP a reconnu l'existence de rumeurs sur d'éventuels changements à la direction, mais a affirmé qu'aucune décision n'avait été prise.
Un porte-parole de l'entreprise a indiqué que tout changement à la direction serait annoncé mardi, en même temps que les résultats trimestriels.
La perte anticipée serait de l'ordre d'une quinzaine de milliards de dollars, la plus énorme de l'histoire des sociétés britanniques.
BP annoncerait par ailleurs le remplacement de Tony Hayward par Bob Dudley, le dirigeant américain qui supervise actuellement la lutte contre la marée noire. Si cette supposition s'avère fondée, elle donnera lieu à un étrange effet de réciprocité, puisque Bob Dudley a dirigé TNK-BP de 2003 à 2008, avant de devoir partir de manière précipitée. Sa sécurité y aurait à l'époque été menacée.
De son côté, M. Hayward pourrait partir avec une indemnité de plus de 1,5 million de dollars et une retraite de 16 millions.
Hayward peut partir, mais pas la compagnie
La Maison-Blanche a tenu à prévenir publiquement le groupe pétrolier BP qu'il devra remplir ses obligations dans le golfe du Mexique même s'il change de directeur général. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, ne s'est toutefois pas prononcé sur le départ imminent de Tony Hayward.
Des déclarations malencontreuses
Tony Hayward a provoqué la colère de nombreux Américains avec une série de déclarations dans les jours qui ont suivi la catastrophe dans le golfe du Mexique.
« Ce n'est pas notre accident, mais c'est notre responsabilité de s'en occuper, de stopper la fuite, de nettoyer le pétrole à la surface, pour s'assurer que les dommages à l'environnement soient limités », à CBS.
« Le golfe du Mexique est un très grand océan. Le volume de pétrole et de dispersant que nous y déversons est minime en comparaison du volume d'eau qui s'y trouve », au quotidien The Guardian, le 14 mai.
« Je crois que l'impact environnemental de ce désastre devrait être très, très modeste. », à Sky News, le 18 mai.
Il a par la suite reconnu que ce commentaire de sa part était blessant et indélicat. Il s'est excusé aux familles des 11 hommes qui sont morts dans l'explosion de la plateforme pétrolière.
Nouveau report dans les opérations
Des bateaux autour de la plateforme pétrolière dans le golfe du Mexique.
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PC/AP/Dave martin
BP a par ailleurs décidé de reporter d'une semaine une opération cruciale visant à condamner le puits de pétrole à l'origine de la marée noire.
« La semaine prochaine sera consacrée à des préparatifs, pour s'assurer que tout est en place, puis nous essayerons ensuite de lancer l'opération la semaine du 1er août », a déclaré l'amiral Thad Allen, qui supervise la lutte contre la marée noire pour le compte de l'administration américaine.
Cette manoeuvre complexe à 1500 mètres de profondeur, que préparent depuis plusieurs jours les ingénieurs de BP, consiste à injecter un mélange d'eau et de matières solides par la tête du puits avant de le sceller avec du ciment. Baptisée « Static kill », cette opération ressemble fort à celle tentée, sans succès, fin mai.
Le but est de mettre fin, une bonne fois pour toutes, à la marée noire qui souille depuis trois mois les eaux du golfe et empoisonne la vie de ses habitants.
D'ici là, le puits est maintenu fermé grâce à un entonnoir, mais cette solution reste provisoire.