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Conrad Black est sorti de prison

Mise à jour le jeudi 22 juillet 2010 à 18 h 56

Conrad Black à sa sortie de prison

Photo: Images diffusées sur Radio-Canada

Conrad Black à sa sortie de prison

Conrad Black est sorti de prison mercredi après-midi, après avoir versé une caution de 2 millions de dollars. « Je peux vous confirmer qu'il n'est plus sous notre garde », a déclaré le porte-parole de la prison de Coleman, en Floride.

D'après des témoignages, il serait sorti par une porte arrière.

L'ex-magnat de la presse devra se présenter en cour vendredi à 13 h 30 (HAE), à Chicago, pour régler les derniers détails des conditions de sa mise en liberté.

Mercredi matin, la cour fédérale américaine à Chicago avait autorisé M. Black à retrouver sa liberté contre une caution de 2 millions de dollars. L'audience a eu lieu devant la juge Amy St. Eve, la même qui a présidé le procès au criminel de M. Black.

La caution est garantie par l'homme d'affaires américain Roger Hertog. Toutefois, Conrad Black ne pourra quitter le territoire des États-Unis. Ses avocats demandaient que leur client puisse retourner au Canada, où il possède une résidence.

Sa sortie de prison survient deux jours après l'obtention de sa libération conditionnelle lundi. M. Black avait déposé une demande de libération le 7 juillet dernier. Son avocat, Miguel Estrada, a plaidé que son client, emprisonné depuis deux ans, ne pourrait pas récupérer le temps passé derrière les barreaux dans l'éventualité d'un jugement favorable.

Une révision de la Cour suprême rouvre le dossier

Cette demande faisait suite à une décision de la Cour suprême des États-Unis, qui a invalidé les trois condamnations pour fraude prononcées contre le Montréalais d'origine.

L'ancien homme d'affaires n'a pas bénéficié d'un procès totalement équitable, en raison du recours trop large à la notion d'« obligations morales », a conclu le plus haut tribunal américain.

La Cour a jugé que la portée d'une loi fédérale sur la fraude, qui a mené à la condamnation de Conrad Black, devait être limitée.

L'affaire Conrad Black

Depuis 2008, Conrad Black purge une peine de six années et demie de pénitencier en Floride. En juillet 2007, il a été reconnu coupable de fraudes dans le cadre du versement d'indemnités de non-concurrence. Ces événements se sont produits lorsque le groupe Hollinger International, dont il était le propriétaire, a vendu des centaines de ses journaux.

Il a aussi été reconnu coupable d'avoir violé une ordonnance du tribunal lui interdisant de toucher à tout ce qui pourrait constituer une preuve. Black avait alors déplacé 13 boîtes de documents dans ses bureaux de Toronto. Ses actes avaient été filmés par une caméra de surveillance.

Conrad Black est un Montréalais d'origine âgé de 65 ans. Il était parvenu à créer le troisième groupe de presse au monde en achetant des entreprises de presse dans plusieurs pays.

D'autres procès en vue

En plus de tenter de faire annuler les condamnations pour fraude et pour entrave à la justice, Conrad Black pourrait devoir se défendre sur deux autres fronts :

  • La Securities and Exchange Commission, le gendarme boursier américain, a intenté une poursuite au civil contre lui et son ancien associé, David Radler, pour avoir détourné des dizaines de millions de dollars d'Hollinger International. Cette poursuite est suspendue en attendant les conclusions du procès au pénal;
  • Le fisc américain lui réclame 70 millions de dollars en impôts impayés et en intérêts de retard.

D'autres poursuites planent sur Conrad Black, notamment celle d'anciens investisseurs qui l'accusent d'avoir fait perdre de la valeur à Hollinger.

La prison en Floride où Conrad Black purgeait sa peine.

Photo: La Presse Canadienne /AP Photo/Reinhold Matay

La prison en Floride où Conrad Black purgeait sa peine.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne et Reuters

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