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Économie

Logements locatifs
La crise persiste, selon un rapport

Mise à jour le mercredi 7 juillet 2010 à 9 h 47

Immeuble à logements de Toronto

La pénurie de logements dans les grands centres urbains québécois, entamée en 1999, n'est pas sur le point de se résorber, si l'on se fie à l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS).

Dans une note socio-économique, l'Institut estime que la crise du logement pourrait s'aggraver au cours des prochains mois en raison de la crise économique de 2008.

Les chercheurs Eve-Lyne Couturier et Guillaume Hébert basent leur hypothèse sur la crise économique de 1990-1991, où une augmentation des refuges torontois n'a été notée que plusieurs mois plus tard, soit en 1993. À l'instar de Toronto avant la crise de 1993, les refuges de Montréal connaissent une lente progression du nombre de nuitées, peut-on lire dans la note.

En entrevue à RDI, M. Hébert a expliqué qu'on note un effet de décalage entre une crise économique et une augmentation de l'itinérance, un délai qu'il évalue à 12 à 24 mois.

Selon l'IRIS, le taux d'inoccupation s'établit présentement à 2,5 %, en augmentation de deux dixièmes de point de pourcentage. Malgré cette hausse du nombre de logements disponibles, M. Hébert estime que la rareté des logements se poursuit puisque le marché n'est toujours pas équilibré.

Les analystes jugent que dans un marché locatif équilibré, le taux d'inoccupation avoisine 3 %.

L'Institut s'inquiète cependant que le loyer moyen augmente de façon plus rapide que l'inflation. Les locataires déboursent en moyenne 3,8 % de plus pour se loger en 2010, alors que l'inflation a connu une hausse de 1,8 % au cours de la même période. La Régie du logement a suggéré en janvier une hausse de 0,8 % à 1,0 %.

Alors qu'il est de moins en moins abordable de se loger, Guillaume Hébert propose que les pouvoirs de la Régie soient renforcés, de manière à ce que ses suggestions de hausse soient respectées par les propriétaires. Il recommande aussi la construction de nouveaux logements locatifs et sociaux.

Les cas de l'Abitibi et de Québec

Bien qu'on associe souvent Montréal à la crise du logement, le marché locatif est déséquilibré ailleurs dans la province, note l'IRIS.

En Abitibi, les variations dans le milieu de l'emploi ont une incidence sur les besoins en logements. Ainsi, la stagnation du nombre d'immeubles locatifs alors que de nombreux travailleurs ont gagné la région a fait chuter le taux d'inoccupation. Il se situe sous la barre des 1 % depuis 2007.

À Val d'Or, le marché locatif était complètement saturé en 2009 : tous les logements sont loués.

Puisque le marché locatif privé est « incapable de répondre aux besoins de la population », les locataires abitibiens doivent donc se diriger vers la banlieue, loin des services, pour se loger, ce qui les pousse vers l'isolement, souligne le chercheur Guillaume Hébert.

À Québec, l'afflux massif de nouveaux résidents - des étudiants, des travailleurs et des retraités - exerce de fortes pressions sur le marché locatif. Dans la région, le taux d'inoccupation atteint 0,4 %, alors qu'il est de 0,2 % dans la ville de Québec.

La construction de logements supplémentaires n'arrive pas à pallier la demande. M. Hébert note d'ailleurs une montée de la spéculation dans la capitale, ce qui pousse les gens en banlieue. Ce mouvement vers la banlieue est aussi encouragé par l'inaccessibilité des terrains en secteur urbain, qui rend non rentable la construction de logements à loyer modique.

L'économie avec Gérald Fillion

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