Pendant trois jours, les projecteurs du monde entier se sont braqués sur le Canada à l'occasion des sommets du G8 et du G20. Trois jours où les dirigeants des principaux pays de la planète se sont penchés sur les problèmes de l'heure. Retour sur ces discussions.
La santé des mères, l'Iran et la Corée du Nord constituent les grands points du G8, tandis que la réduction des dettes publiques et l'abandon de la taxe bancaire internationale marquent le G20.
Le G8 : humanitaire et relations internationales
Le communiqué final du G8 décortiqué selon la fréquence de chaque mot
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Wordle
Avant le sommet, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, avait annoncé sa volonté de récolter des fonds pour « l'initiative de Muskoka », destinée à améliorer la santé des femmes et des enfants dans les pays développés.
En tout, il est parvenu à réunir 5 milliards de dollars américains des pays du G8, dont une contribution du Canada de 1,1 milliard de dollars. L'enveloppe canadienne est ainsi la plus élevée des pays du G8 par habitant. D'autres pays et des fondations apportent une contribution supplémentaire de 2,3 milliards.
D'autre part, les dirigeants ont estimé qu'ils devaient en faire plus, tout comme les pays en développement, pour s'assurer de l'atteinte de certains des Objectifs de développement du Millénaire des Nations unies. Et d'ajouter que la crise économique a « compromis la progression vers certains des objectifs pour 2015 ».
Au niveau de la sécurité internationale, les membres du G8 se sont engagés à continuer leur lutte contre le terrorisme. Ils s'engagent aussi à aider « les gouvernements qui n'ont ni la capacité ni les moyens d'action nécessaires pour répondre à leurs vulnérabilités en matière de sécurité ». Des pays tels que l'Afghanistan, le Pakistan, le Sahel, la Somalie et le Yémen sont cités en particulier.
Les dirigeants des pays du G8 ont pressé la communauté internationale de faire respecter les résolutions des Nations unies contre les programmes nucléaires de la Corée du Nord et de l'Iran.La Corée du Nord s'attire les critiques des chefs d'État et de gouvernement pour avoir coulé une corvette sud-coréenne le 26 mars dernier, tuant 46 marins sud-coréens.
Au cours de leurs discussions, les membres du G8 ont aussi travaillé sur un plan de retrait de l'Afghanistan étalé sur cinq ans. Comme les huit pays sont tous impliqués d'une manière ou d'une autre en Afghanistan, les dirigeants veulent s'assurer de laisser un pays stable et non un État en proie aux terroristes, a affirmé M. Harper.
Les dirigeants ont aussi affirmé que les tensions qui sévissent présentement dans la bande de Gaza sont « insoutenables ».
Vincent Maisonneuve résume les conclusions du G8.
Madeleine Blais-Morin résume les grandes lignes du communiqué final du G8.
Le G20 : réduction des déficits et recul sur la taxe bancaire
Le communiqué final du G20 décortiqué selon la fréquence de chaque mot
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Du côté du G20, l'économie a tenu le haut du pavé. À l'issue des travaux, le premier ministre Stephen Harper a estimé que la question de la dette publique était « le défi que nous devions affronter ».
Les pays avancés, exception faite du Japon, se sont engagés à « réduire d'au moins de moitié les déficits d'ici 2013 et à stabiliser ou à réduire les ratios de la dette publique au PIB d'ici 2016 ».
Plusieurs pays, dont les États-Unis, se sont toutefois inquiétés des contrecoups possibles des plans d'austérité sur la reprise. Le G20 a donc déclaré que « les mesures d'ajustement doivent être soigneusement calibrées pour soutenir la reprise de la demande privée ».
L'instauration d'une taxe bancaire à l'échelle internationale est abandonnée. Chaque État reste libre de l'instaurer, mais plusieurs observateurs ont souligné que la mobilité des capitaux financiers réduirait l'efficacité d'une telle mesure si appliquée à une échelle nationale.
Les États-Unis et les pays européens ont appuyé la création d'une telle taxe, mais d'autres comme le Canada, le Japon et la Chine s'y sont opposés.
Les modalités précises de la réforme des règles du système bancaire ne seront pas connues avant le prochain sommet du G20, à Séoul, en novembre prochain. Les dirigeants se donnent jusqu'à fin 2012 pour les instaurer.
D'autre part, le communiqué ne fait pas mention du yuan chinois, à la demande de Pékin, selon certaines sources. Rappelons que la Chine a assoupli sa politique de taux de change fixe par rapport au dollar américain peu avant le sommet. Cette politique suscitait l'irritation de Washington depuis plusieurs mois, mais les dirigeants américain et chinois ont affiché une relation plus détendue au début du sommet du G20.
Enfin, le président américain Barack Obama a demandé aux autres dirigeants du G20 des modifications aux propositions faites dans le cadre du cycle de Doha sur la libéralisation du commerce mondial pour y adhérer. Un responsable américain a avancé qu'en l'état actuel, ces propositions feraient perdre aux États-Unis leur avantage comparatif sur les pays aux marchés émergents dans le domaine des services.
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Le compte-rendu d'Emmanuelle Latraverse sur le G20
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Les manifestations
Le centre-ville de Toronto a été le théâtre d'importants mouvements de protestations pendant les deux sommets. Si des milliers de personnes ont exprimé leurs revendications dans le calme, une minorité a commis des actes de vandalisme.
Les quelque 20 000 policiers déployés dans la Ville Reine ont arrêté plus de 900 individus au cours du week-end.
Le coût de la sécurité pour les deux sommets du G8 et du G20 est évalué à près de 1 milliard de dollars. « Nous déplorons les gestes de ces quelques voyous. Mais ces gestes justifient les dépenses en sécurité », a déclaré à cet effet le premier ministre, Stephen Harper.