De l'argent et des excuses

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
Lamar McKay, Robert Dudley, Tony Hayward et Carl-Henric Svanberg (de gauche à droite), après la rencontre avec Barack Obama Lamar McKay, Robert Dudley, Tony Hayward et Carl-Henric Svanberg (de gauche à droite), après la rencontre avec Barack Obama   © AFP/Win McNamee

BP présente ses excuses aux Américains et place 20 milliards de dollars dans un compte sous séquestre afin de payer les coûts de nettoyage de la marée noire.

BP placera 20 milliards dans un compte sous séquestre afin de payer les coûts de nettoyage de la marée noire. C'est ce que le président des États-Unis Barack Obama a annoncé après sa rencontre à Washington, mercredi, avec la direction de la pétrolière britannique.

« Ces 20 milliards de dollars vont assurer que les demandes d'indemnisations des habitants et des entreprises seront honorées. Et ce n'est pas un plafond. Les gens du golfe [du Mexique] ont ma parole, BP répondra à ses obligations à leur égard », a affirmé le président.

Les 20 milliards seront provisionnés sur quatre ans à partir de cette année, au rythme de cinq milliards par an, a précisé la Maison-Blanche. BP mettra en place un autre fonds de 100 millions à l'intention des ouvriers du secteur du pétrole qui ont perdu leur emploi à la suite de la catastrophe, a indiqué Barack Obama.

Carl-Henric Svanberg, le président de BP, a pris la parole après Barack Obama et confirmé les propos du président américain. M. Svanberg a, en outre, présenté ses excuses aux Américains pour la marée noire. Il a, enfin, déclaré que BP ne paierait pas davantage de dividendes à ses actionnaires cette année.

Carl-Henric Svanberg était accompagné de Tony Hayward, le PDG du groupe, de Bob Dudley, le directeur général, et de Lamar McKay, le patron de BP aux États-Unis.

La gestion du fonds de 20 milliards sera confiée à l'avocat Kenneth Feinberg. M. Feinberg avait supervisé le paiement des dommages aux familles des victimes des attentats du 11 septembre 2001.

C'est également lui qui avait été chargé par Barack Obama de superviser les salaires et les primes des dirigeants d'entreprises ayant reçu une aide de l'État fédéral pendant de la crise financière.

Par ailleurs, le président de BP aux États-Unis était convoqué devant une commission du Congrès américain chargée d'établir les causes de la marée noire. L'entreprise est accusée d'avoir violé des normes de sécurité de base afin de réduire ses coûts.

Lamar McKay a tenté de rassurer les élus. « Je voudrais mettre les choses au clair : BP ne connaîtra pas de repos tant que le puits ne sera pas maîtrisé et que nous n'aurons pas compris ce qui s'est passé », a-t-il dit, alors que certains représentants réclamaient des excuses et d'autres, sa démission.

Les concurrents de BP, eux, ne se sont pas gênés pour pointer un doigt accusateur vers leur rival. Les élus estiment toutefois que BP n'est pas la seule à avoir manqué à ses obligations. Selon eux, les plans d'urgence élaborés par d'autres compagnies pétrolières sont obsolètes jusqu'au ridicule.

Le directeur général de BP, Tony Hayward, comparaîtra devant le Congrès jeudi.

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