Le directeur général du groupe britannique BP, Tony Hayward
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Keystone
En entrevue au Wall Street Journal, le directeur général du groupe pétrolier britannique BP, Tony Hayward, a laissé entendre que le paiement des dividendes à ses actionnaires pourrait être suspendu en raison de la colère croissante des Américains.
La pétrolière britannique pourrait reporter ou réduire le dividende du deuxième trimestre afin de calmer la grogne des Américains.
La gestion de la crise à la suite de l'explosion de la plateforme de BP dans le golfe du Mexique, qui est à l'origine de la marée noire, est fortement critiquée.
Afin de calmer les esprits, la direction de BP pourrait ne pas payer de dividendes à ses actionnaires pour le deuxième trimestre de son exercice ou d'en différer le paiement.
Plusieurs fonds de retraite américains et britanniques profitent de ces dividendes qui ont été la cible d'attaques des élus américains. Le président Barack Obama a déjà relevé les « 10,5 milliards, je dis bien milliards de dollars de dividendes » envisagés par BP. Bien qu'il ne soit pas contre ce paiement, le président Obama a rappelé que BP avaient des obligations morales et légales dans le Golfe.
Deux autres élus, des sénateurs démocrates, avaient également demandé au directeur général de BP de ne pas payer de dividendes tant que les coûts de la marée noire n'auraient pas été calculés.
Outre le paiement de dividendes, la santé financière du géant pétrolier préoccupe plusieurs analystes. BP publiera ses résultats financiers le 27 juillet.
Rebond de l'action
L'action BP, qui est en chute libre à la Bourse de Londres depuis plusieurs semaines, est de nouveau à la hausse vendredi matin. Le titre y a progressé de 7 % en fin de séance. À la clôture de la Bourse de New York, l'action avait gagné près de quatre points de pourcentage. Des investisseurs seraient à la recherche de bonnes affaires.
Les propos du ministre britannique des Finances au sujet de BP contribuent également au rebond de l'action.
« Nous sommes tous préoccupés de l'impact humain et environnemental et, comme le premier ministre l'a dit, nous comprenons les préoccupations de l'administration américaine », a déclaré le ministre des Finances George Osborne.
Après un entretien téléphonique avec le directeur général de BP Tony Hayward, George Osbourne a soutenu que son gouvernement a besoin « de solutions constructives et nous nous souvenons de la valeur économique que BP apporte aux peuples britannique et américain », a affirmé le ministre George Osbourne.
Le premier ministre britannique James Cameron doit avoir un entretien téléphonique avec Barack Obama samedi, au cours duquel la question du versement du dividende sera inévitablement abordée.
Fuite plus abondante
La quantité de pétrole qui fuit du forage de BP dans le golfe du Mexique est une fois de plus révisée à la hausse.
Les spécialistes américains qui se sont penchés sur la question croient que la quantité de brut qui a alimenté la marée noire avant l'installation de l'entonnoir la semaine dernière a été considérablement sous-estimée.
L'Institut géologique américain affirme que les fuites ont pu atteindre 40 000 barils par jour, soit deux fois plus que les chiffres d'abord avancés. Il se serait échappé en moyenne entre 25 000 et 30 000 barils par jour entre le 27 mai et le 3 juin.