Communauto sera rechargeable

La Leaf, première voiture entièrement électrique de Nissan La Leaf, première voiture entièrement électrique de Nissan   © AFP/Toru Yamanaka

Le service d'autopartage Communauto ajoutera 50 voitures électriques à son parc automobile d'ici la fin de 2011.

Le service d'autopartage offrira à partir de l'an prochain un véhicule tout électrique. Hydro-Québec installera les bornes de recharge.

« Nos abonnés pourront bientôt profiter de la seule voiture sans émissions destinée au grand public, qui combine le confort, le style et l'ergonomie qu'ils recherchent. » — Benoît Robert, président de Communauto

Il s'agit de la voiture tout électrique Leaf de Nissan qui sera offerte aux clients de Communauto. Hydro-Québec mettra en place l'infrastructure de recharge dont Communauto aura besoin pour son parc de voiture.

Communauto en brefCommunauto est un service d'autopartage en Amérique du Nord qui compte 315 stations établies à Montréal, Québec, Gatineau et Sherbrooke. Elle indique avoir plus de 20 000 abonnés et un parc de plus de 1000 voitures offertes en libre-service en tout temps.

Une période de rodage

Les tarifs resteront stables dans un premier temps pour tous les clients, mais l'entreprise se donne jusqu'en 2012 pour évaluer les coûts de ces nouvelles voitures et éventuellement ajuster ses prix. Actuellement, le coût de l'essence est inclus dans la location.

« Il y a des inconnues, comme le temps de recharge, les coûts d'entretien, etc. » — Marco Viviani, Communauto

M. Viviani précise que l'essence représente 15 % des frais d'exploitation des véhicules, tandis que la recharge complète d'une voiture électrique coûte 3 $. Le coût d'achat de ces véhicules s'avère plus cher qu'un modèle à essence, précise-t-il, mais il pourrait baisser selon l'évolution de ce marché.

Le gouvernement du Québec, Hydro-Québec, les villes de Montréal et de Québec et l'Agence de l'efficacité énergétique du Québec participent à ce projet. Dans un premier temps, un groupe de travail devra se pencher sur les infrastructures nécessaires pour rendre ces véhicules disponibles, notamment les bornes de recharge.

Réduire la dépendance au pétrole

La ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, y voit une occasion pour la province de réduire ses émissions de gaz à effet de serre, mais aussi sa dépendance au pétrole. En 2007, la province a dépensé 13 milliards de dollars en importations de pétrole, selon le ministère. « Comme 97 % de notre électricité est produite à partir de sources propres et renouvelables, le Québec dispose de plusieurs avantages pour favoriser l'implantation des véhicules électriques », a-t-elle souligné.

Le gouvernement ne verse pas d'aide directe à ce projet, mais il souligne que Communauto pourra se prévaloir de différents programmes pouvant financer jusqu'à 10 000 $ par véhicule.

Plusieurs acteurs au Québec

Québec précise que 14 ententes ont été signées depuis un an avec d'autres fabricants automobiles. Le 14 janvier à Boucherville, Hydro-Québec et Mitsubishi annonçaient un partenariat pour l'essai d'une cinquantaine de voitures électriques.

Le moteur électrique développé par une filiale d'Hydro-Québec, TM-4, est testé en Grande-Bretagne par Tata Motors.

D'autre part, le groupe français Bolloré, dont la filiale Bathium fabrique des batteries pour véhicule électrique, a aussi investi à Boucherville pour augmenter sa capacité de production. Il avait racheté l'usine Avestor, qui appartenait à Hydro-Québec.

La voiture électrique suscite de plus en plus d'intérêt de la part des consommateurs. Selon Pierre Lavallée, du Centre national du transport avancé, 125 000 véhicules électriques trouveront preneur au Québec d'ici 2018. D'ici là, plusieurs modèles devraient voir le jour.

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