Pierre Karl Péladeau (archives)
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AFP/Peter McCabe
Quebecor a annoncé qu'il reportait le lancement de son propre réseau de téléphonie cellulaire à l'automne, voire à la fin de l'année. L'entreprise avait prévu de le lancer cet été en premier lieu.
L'entreprise repousse l'arrivée de son réseau de téléphonie sans-fil à l'automne, voire à la fin de l'année, lors du dévoilement des résultats financiers qui a donné lieu à une manifestation des employés du Journal de Montréal.
« On demeure prudents. [...] Il est selon nous impératif de nous assurer de la qualité de notre produit. On parle quand même de 700 antennes et tours, durant la première phase. A ce jour, nous sommes plutôt satisfaits du déploiement, mais il n'est pas complété. Donc, en conséquence, on se garde éventuellement une marge de manoeuvre », a expliqué le PDG, Pierre Karl Péladeau.
Au passage, il a reproché au ministre de l'Industrie, Tony Clement, d'avoir tardé à ouvrir le marché de la téléphonie cellulaire à la concurrence.
Aujourd'hui, l'entreprise offre des services de téléphonie cellulaire, mais utilise les réseaux des concurrents pour y arriver.
Bénéfices en baisse
L'entreprise a dévoilé un bénéfice net de 38,3 millions de dollars pour les trois premiers mois de l'année, en baisse de 33,6 % comparativement à la même période un an plus tôt.
Quebecor explique cette détérioration de la rentabilité par la hausse de ses frais financiers, l'impact du taux de change, les pertes sur le refinancement de sa dette et la dévaluation d'instruments financiers.
En termes d'opérations toutefois, Quebecor inc. a amélioré sa performance à son premier trimestre, surtout grâce à la croissance de son secteur des télécommunications. L'entreprise souligne que la division a connu une croissance de la clientèle pour un 19e trimestre de suite. Le nombre d'abonnés a augmenté pour la téléphonie par câble, l'accès Internet par câble, la télédistribution et la téléphonie sans fil.
Les employés du Journal de Montréal manifestent
Ces résultats ont été dévoilés pendant que des employés en lock-out du Journal de Montréal manifestaient face aux bureaux de l'entreprise.
Depuis plus d'un an, les 253 employés du quotidien de la rue Frontenac, propriété de Quebecor, sont sans travail. Les membres du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM-CSN) souhaitent une reprise des négociations avec la direction de Quebecor.
« Aujourd'hui, nous nous adressons aux actionnaires en livrant ce message d'ouverture : intervenez auprès des porte-parole pour qu'ils reviennent discuter avec nous dans un esprit pour mettre fin à cet odieux conflit qui a trop duré », a déclaré Raynald Leblanc, président du syndicat.
En conférence de presse, le PDG Pierre Karl Péladeau a indiqué au sujet du lock-out que les représentants syndicaux devaient accepter une réduction d'effectifs. « L'ensemble de cette industrie a traversé une période extrêmement difficile où les réductions d'effectifs se sont multipliées à coups de milliers d'employés », a-t-il justifié.
L'automne dernier, le syndicat a affirmé que Quebecor Media réclamait le licenciement d'environ 75 employés du journal, des diminutions de salaire de 25 % pour le personnel des petites annonces, une augmentation de 25 % de la semaine de travail sans rémunération supplémentaire (la semaine de travail passerait de 30 à 37,5 heures), une réduction de 20 % des avantages sociaux pour l'ensemble des travailleurs et des conditions de travail inférieures pour les nouveaux employés.
Au début du mois de mai, le conciliateur nommé pour rapprocher les parties dans les négociations, Pierre-Marc Bédard, a convoqué les porte-parole de l'employeur et du syndicat à une rencontre. D'autres rencontres sont prévues.
Confiance pour les négociations à TVA
Quant à TVA-Montréal, où les syndiqués négocient le renouvellement de leur convention collective, M. Péladeau a dit avoir « confiance en la poursuite des négociations ».
Le syndicat des employés de TVA-Montréal, affilié au SCFP, a convoqué ses membres mercredi pour leur brosser un portrait de la situation. Il a décidé de rompre les discussions avec la direction cette semaine, « puisque la compagnie refusait de s'engager dans un dialogue constructif », selon les mots du syndicat.
Et d'annoncer « la possibilité de convoquer sous peu une assemblée générale ».