Mystérieuse chute

Un spécialiste à la bourse de New York, le New York Stock Exchange   © PC/AP/Richard Drew

Sept cents milliards de dollars américains partis en fumée en quelques minutes. C'est ce qui s'est passé à la Bourse de New York jeudi, quand le Dow Jones a subitement plongé de 9 %, avant de remonter pour finir en recul de 3,20 %.

Les régulateurs américains tentent de faire la lumière sur le plongeon de 9 % du Dow Jones survenu jeudi à la Bourse de New York, alors qu'une erreur humaine et un emballement informatique sont évoqués.

Au lendemain de cette chute, les autorités s'interrogent. La Securities and Exchange Commission et la Commodity Futures Trading Commission, deux régulateurs boursiers américains, ont annoncé vendredi qu'ils allaient enquêter.

Le président américain, Barack Obama, s'en est mêlé. Il a déclaré vendredi que les régulateurs boursiers allaient « protéger les investisseurs et faire en sorte que cela ne se reproduise pas ».

Une erreur humaine?

Les regards se tournent en partie vers l'action de Procter & Gamble, le fabricant de nombreux produits ménagers dont la lessive Tide, qui a perdu 37 % dans la chute.

Un courtier de Citigroup aurait commis une double faute : passer un ordre de vente sur l'action de l'entreprise au lieu d'une autre transaction sur des produits dérivés, en inscrivant milliards au lieu de millions.

L'action faisant partie de l'indice Dow Jones, ce dernier a lui aussi plongé. D'autres poids lourds de la bourse comme 3M et Accenture ont aussi subi une perte vertigineuse, dans un lien de causalité qui reste à éclaircir.

La banque Citigroup a refusé de confirmer cette hypothèse. Le Chicago Mercantile Exchange, où tout aurait commencé, semble corroborer cette version en affirmant dans un communiqué que « l'activité de Citigroup sur le marché des produits dérivés ne semble pas irrégulière ou inhabituelle par rapport à l'activité du marché ».

Des ordinateurs plus rapides que les humains?

Le mouvement de panique aurait été amplifié par les ordinateurs d'échanges à haute fréquence, qui représentent aujourd'hui de 50 à 75 % des transactions boursières. Programmés pour réagir à partir d'un certain niveau de baisse des cours, ceux-ci auraient augmenté la tendance à la vente.

Le Wall Street Journal nuance toutefois cette hypothèse en avançant que plusieurs poids lourds des systèmes d'échange à haute fréquence se seraient retirés du marché lorsqu'il s'est emballé.

Le quotidien ajoute qu'une sorte de disjoncteur, le « liquidity replenishment point », s'est activé lorsque le cours de cette action est tombé trop bas. Les échanges électroniques se sont alors arrêtés, laissant la possibilité aux courtiers de se pencher sur la situation.

Les craintes au sujet des finances grecques et d'autres pays européens ont aussi pu jouer un effet accélérateur, alors que les marchés se montrent nerveux.

Des transactions annulées

Le Nasdaq, dont l'indice a lui aussi dévissé, a annoncé l'annulation de toutes les transactions qui ont eu lieu entre 14 h 40 et 15 h.

L'Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières a lui aussi annoncé vendredi l'annulation ou la modification de plusieurs opérations qui ont eu lieu entre 14 h 40 et 15 h 10. Les titres concernés sont Claymore Canadian Financial Monthly Income, Fortis, Ishares et Inter Pipeline Fund.

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