De gauche à droite : Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso
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AFP/John Thys
Les dirigeants de la zone euro et le FMI entérinent le plan d'aide de 146 milliards de dollars à Athènes. Ils décident aussi de mettre en place un fonds de soutien pour les pays du groupe confrontés à des difficultés financières.
Les dirigeants des 16 pays de la zone euro, réunis en sommet vendredi soir à Bruxelles, ont entériné le plan d'aide de 146 milliards de dollars à la Grèce.
Dimanche, le Fonds monétaire international (FMI) leur a emboîté le pas en approuvant le prêt de 40 milliards de dollars sur trois ans qu'il avait promis.
Le plan d'aide a été adopté par les 16 après que la France, l'Italie et le Portugal eurent approuvé leur contribution à ce programme étalé sur trois ans. L'Allemagne doit encore s'occuper de la formalité d'obtenir la signature du président allemand, après l'approbation du Parlement vendredi. L'Espagne, elle, a approuvé sa contribution par décret, avant un vote devant le Parlement attendu la semaine prochaine.
Les dirigeants des 16 pays de la zone euro ont aussi préconisé la mise en place d'un fonds de soutien sans précédent pour les pays de la zone euro confrontés à des difficultés financières. L'objectif est de stopper la contagion d'une crise gravissime qui menace les fondements de l'Union monétaire.
Ils ont demandé également à la Commission européenne de proposer « un mécanisme de stabilisation visant à préserver la stabilité financière de la zone euro ».
Les ministres des Finances de l'ensemble de l'Union européenne sont convoqués dimanche après-midi pour finaliser le fonctionnement et le financement de ce dispositif.
Jeudi, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont envoyé une lettre au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Ils y plaident pour un renforcement du Pacte de stabilité européen, qui fixe notamment les limites des déficits publics, et pour une réponse commune aux problèmes économiques.
Barack Obama joint sa voix
Du côté américain, le président Barack Obama a déclaré vendredi s'être entretenu avec Angela Merkel sur la situation économique de l'Europe. Le président a déclaré qu'ils avaient convenu de la nécessité d'une forte réponse des pays concernés et de la communauté internationale.
« J'ai dit clairement que les États-Unis soutenaient ces efforts et continueraient à coopérer avec les autorités européennes ainsi que le Fonds monétaire international (FMI) en ces temps critiques », a affirmé le président américain.
Les ministres des Finances du G7 devaient aussi tenir une conférence téléphonique vendredi.
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AFP/John MacDougall
Angela Merkel obtient l'accord du Parlement
Vendredi, l'Allemagne a aussi débloqué une enveloppe de 29 milliards de dollars pour la Grèce, dans le cadre du plan d'aide de l'Union européenne et du FMI.
Le Bundestag, la Chambre basse du Parlement allemand, a adopté vendredi la loi permettant de verser les fonds à Athènes. Des 602 élus présents, 391 ont voté pour. Le Bundesrat, la Chambre haute, a donné son aval plus tard dans la journée.
Cette somme sera versée par la banque publique KfW et garantie par l'État fédéral allemand. L'Allemagne, première économie du vieux continent, devient ainsi le plus gros contributeur européen du plan d'aide à la Grèce.
Échéance électorale dimanche
Ce vote, impopulaire dans l'opinion publique allemande, survient avant les élections régionales de dimanche en Rhénanie-du-Nord, le « land » le plus peuplé du pays. Avec 13,5 millions d'électeurs appelés aux urnes, la coalition conservateurs-libéraux menée par la chancelière Angela Merkel pourrait perdre la majorité au Bundesrat dans ce vote. Mme Merkel devrait alors composer avec l'opposition.
Mme Merkel a d'ailleurs fait plusieurs sorties publiques pour montrer son hostilité à ce soutien à la Grèce, avant de tenter de décrocher le soutien de l'opposition, notamment du Parti social-démocrate (SPD). Sans succès. Le SPD s'est abstenu et la gauche radicale de Die Linke a voté contre en dénonçant les spéculateurs, des « talibans en costumes rayés ».