New York inquiet, l'Europe rassurante

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
Un courtier pensif à la Bourse de New York (archives)   © AFP/Chris Hondros

Les bourses nord-américaines ont connu une journée en montagnes russes jeudi.

Le Dow Jones finit en recul de 3,2 %, après avoir plongé de 9 % en journée, et ce, malgré l'adoption du plan d'austérité grec et des déclarations rassurantes en Europe.

Le TSX de Toronto a fini en recul de 0,43 %, après avoir perdu plus de 3 % en milieu d'après-midi.

À New York, le Dow Jones a fini en baisse de 3,2 %. Plus tôt dans l'après-midi, un accès de panique avait donné lieu à une chute brusque allant jusqu'à 998,5 points en milieu d'après-midi, soit 9 %.

Une erreur derrière la vente?

Cette chute semble avoir été amplifiée par un problème technique sur l'action de Procter & Gamble. Celle-ci a plongé de 37 % en quelques minutes, cette baisse expliquant 172 des 998,5 points perdus.

Les échanges automatisés ont aussi intensifié la tendance à la vente, possiblement à cause des programmes conçus pour vendre des actions à partir d'un certain niveau de baisse.

« On savait que les échanges automatisés pouvaient nous échapper, et je crois que c'est ce qu'on a vu aujourd'hui », a commenté à l'AFP Charlie Smith, responsable des investissements à Fort Pitt Capital Group.

La Grèce reste source de préoccupations

Cet emballement mis à part, les marchés demeurent inquiets de la situation grecque, malgré l'adoption de mesures d'austérité par le Parlement à Athènes, et des risques de contagion à d'autres économies européennes.

En Europe, Londres a perdu 1,52 %, Francfort, 0,84 %, et Paris, 2,2 %. Athènes a toutefois regagné 0,98 %.

L'Italie semble aussi dans le collimateur, avec une chute de la Bourse de Milan de 5 % jeudi. Le gouvernement de Berlusconi a révisé ses prévisions sur la dette italienne à la hausse, à 118,4 % du produit intérieur brut du pays comparativement aux 116,9 % initialement prévus. Du même souffle, Rome a abaissé ses prévisions de croissance pour 2010 à 1 % au lieu de 1,1 %.

En Espagne, la Bourse de Madrid a perdu 2,93 %. Le pays a toutefois réussi à lever plus de 3 milliards de dollars en bons du Trésor à cinq ans, à un taux moyen de 3,532 %.

Du côté des devises, l'euro est tombé à 1,25 $US.

L'Europe se fait rassurante

Du côté grec, le vote du Parlement va permettre à la Grèce d'obtenir l'aide de 110 milliards d'euros de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI).

Plus tôt dans la journée, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a voulu se faire rassurant, alors que la crise grecque continue de plomber les marchés européens. Un défaut de la Grèce est « hors de question », a-t-il réaffirmé jeudi, à l'issue du conseil des gouverneurs qui se tenait à Lisbonne.

Il a toutefois reconnu que la reprise économique en zone euro s'annonçait « modérée » pour 2010 et que les incertitudes restaient « élevées ». Conséquemment, le conseil des gouverneurs a maintenu le principal taux directeur à 1 %. M. Trichet n'envisage pas de modifications prochaines, estimant ces taux appropriés pour l'instant en l'absence de risque d'inflation.

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy accordent leurs violons

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy (archives)   © AFP/Eric Feferberg

D'autre part, les chefs d'États et de gouvernements de la zone euro doivent se réunir vendredi pour un sommet extraordinaire à Bruxelles.

En vue de cette réunion, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont envoyé une lettre au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, et au président de la Commission, José Manuel Barroso. Dans cette missive publiée par Le Monde, ils plaident pour un renforcement du Pacte de stabilité européen, qui fixe notamment les limites des déficits publics.

« Cette crise a démontré que tous les États membres sont responsables de la stabilité de la zone euro dans son ensemble et de la solidité de la monnaie unique. » — Angela Merkel et Nicolas Sarkozy

S'ils excluent l'idée de bannir un État membre de la zone euro, les deux dirigeants restent muets sur un désaccord majeur entre eux : l'éventualité d'une faillite d'un pays. M. Sarkozy rejette cette possibilité, tandis que Mme Merkel a déclaré au Parlement allemand vouloir « élaborer une procédure codifiée de défaut de paiement », souligne le quotidien.

Le FMI a lui aussi exclu un défaut de paiement de la Grèce. « Un défaut de paiement n'est pas une option, n'a jamais été une option », a affirmé jeudi Caroline Atkinson, directrice des relations extérieures du FMI.

Dur coup asséné par Moody's

Pendant ce temps, une étude de l'agence de notation financière Moody's estime que la crise grecque représentait un risque important pour les secteurs bancaires de plusieurs pays européens.

Bien que des banques du Portugal, d'Espagne, d'Italie, d'Irlande et du Royaume-Uni n'aient pas été touchées sérieusement par la crise financière l'an dernier, elles pourraient cette fois être touchées si la crise s'étend à l'extérieur de la Grèce.

L'économie avec Gérald Fillion

Classe économique avec Jean-Sébastien Bernachez

Facebook