Le G20 divisé sur les taxes aux banques

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Les ministres des Finances à la réunion du G20 à Washington. Les ministres des Finances à la réunion du G20 à Washington.   © AFP/Mandel Ngan

Lors d'une rencontre à Washington, vendredi, les ministres du G20 ne se sont pas entendus sur l'idée d'imposer deux nouvelles taxes aux institutions bancaires, comme le préconise le Fonds monétaire international (FMI).

Dans un rapport présenté aux pays du G20, le FMI a recommandé d'imposer deux types de taxe aux banques afin que les contribuables n'aient pas à régler la facture salée des plans de relance : une sur les actifs de chaque institution financière et une autre sur leurs profits et rémunérations.

Les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France appuient une telle mesure, mais le Canada, l'Australie et le Brésil s'y opposent. Le ministre des Finances du Canada, Jim Flaherty, a dit avoir le sentiment que la position de son pays emportait la faveur de ses homologues.

Interrogé à ce sujet, le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, a répondu sur le ton de la plaisanterie : « Tout va dans le sens du Canada. Ils ont remporté la médaille aux Jeux olympiques, la médaille au hockey », a-t-il dit en faisant référence à la victoire du Canada contre les États-Unis en finale à Vancouver. « C'est un bon signe pour le Canada. »

Stratégies d'après-crise

Dans leur communiqué final, les pays du G20 se sont réjouis que la reprise soit plus rapide que prévu.

En outre, ils se sont engagés à élaborer des stratégies d'après-crise qui devront préserver la croissance, tout en s'attaquant aux déficits dangereusement gonflés par les plans de relance. Jusqu'à présent, le G20 appelait plutôt à continuer les politiques de relance face à une reprise économique fragile.

« Nous devons tous élaborer des stratégies de sortie crédibles des mesures de soutien macroéconomiques et financières qui soient adaptées aux circonstances particulières et à chaque pays, tout en prenant en compte les conséquences sur les autres », indique le communiqué publié à l'issue de la réunion.

Échaudés par les graves difficultés financières de la Grèce, les ministres des Finances du G20 ont tout de même voulu éviter tout excès de confiance. « Dans les économies où la croissance est toujours fortement dépendante du soutien public et si cela est cohérent avec la viabilité des finances publiques, [ce soutien] doit être maintenu jusqu'à ce que la reprise soit fermement conduite par le secteur privé et mieux établie », poursuit le communiqué.

Au sortir de la crise financière et la récession mondiale, le G20 a aussi réaffirmé sa volonté de rééquilibrer la croissance mondiale. « Nous avons mis l'accent sur la nécessité d'avoir des politiques économiques bien coordonnées qui soient cohérentes avec des finances publiques saines, la stabilité des prix, des systèmes financiers efficaces et résistants, la création d'emplois et la réduction de la pauvreté ».

Les débats de cette rencontre n'ont pas porté sur les devises, notamment l'épineux dossier de la monnaie chinoise. Plusieurs pays, au premier rang desquels les États-Unis, jugent le yuan sous-évalué.

La réunion des ministres des Finances des pays riches et émergents précédait celles du FMI et de la Banque mondiale. Le prochain sommet du G20 est prévu en juin, à Toronto.

L'économie avec Gérald Fillion

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