Thierry Vandal refuse de parler d'échec

L'entrevue avec le PDG d'Hydro-Québec Thierry Vandal

Exclusif - Dans une entrevue exclusive accordée à Gérald Fillion, le PDG d'Hydro-Québec martèle que les actifs d'Énergie NB n'ont pas passé l'inspection diligente. Il nie avoir été incapable de vendre l'entente aux Néo-Brunswickois.

Le PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, ne voit pas comme un échec l'annulation de la vente d'Énergie NB.

Plus de 24 heures après l'annonce, M. Vandal a accordé sa première et seule entrevue à Gérald Fillion à l'émission RDI Économie. Il a répété les arguments avancés la veille par le gouvernement Charest.

« On n'avait pas fait de transaction, on avait annoncé une entente de principe, comme on fait une offre d'achat sur une maison, a-t-il dit. Et cette entente de principe était sujette à un ensemble de conditions, notamment une vérification diligente. »

L'inspection diligente, réalisée dans le cadre d'une entente de confidentialité, aurait révélé que les actifs d'Énergie Nouveau-Brunswick étaient moins alléchants qu'on le croyait.

« On connaissait l'état général des actifs. Ce qu'on a découvert, c'est qu'il y avait d'autres coûts, d'autres conditions qui changeaient de manière significative le profil de risque. » — Thierry Vandal, PDG d'Hydro-Québec

Questionné sur le fait qu'il a été étonnamment silencieux la veille, tandis qu'il était omniprésent lors de l'annonce de la transaction, il y a trois mois, M. Vandal s'est rabattu sur le fait que le gouvernement avait publié un communiqué et que « les explications ont été données ».

Il nie aussi avoir été incapable de vendre l'entente au Néo-Brunswickois, où l'opposition était vive. « C'est une occasion d'affaires qui s'est présentée à nous. Ce n'était pas à Hydro-Québec d'aller vendre cette transaction. Cela appartenait au gouvernement du Nouveau-Brunswick. »

L'achat d'Énergie NB aurait permis à Hydro-Québec de mettre la main sur 670 mégawatts de capacité pour l'exportation. M. Vandal a indiqué que l'échec de la transaction ne changeait en rien les orientations de la société d'État, puisque le plan de développement stratégique n'a jamais tenu compte de ces capacités supplémentaires.

Transaction annulée

Le premier ministre Shawn Graham Le premier ministre Shawn Graham

Mercredi, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Shawn Graham, a confirmé à l'Assemblée législative la fin des discussions avec le Québec sur la vente d'actifs de la société Énergie NB. Selon lui, de nouveaux changements qui s'annonçaient à l'entente de principe étaient inacceptables.

« La réalité est que lorsqu'Hydro-Québec a examiné de près la proposition d'entente modifiée, ils ont constaté que le risque était supérieur à celui qu'ils étaient prêts à courir, a-t-il expliqué. Ce changement de cap indiquait que les termes de notre entente proposée ne seraient plus acceptables pour Hydro-Québec, et le Nouveau-Brunswick n'a pu accepter cette position. »

Les deux gouvernements ont ensuite mis fin aux discussions. La dernière mouture de l'entente de principe, annoncée en janvier dernier, comprenait la vente des installations hydroélectriques du Nouveau-Brunswick à Hydro-Québec, ainsi que la centrale nucléaire de Pointe Lepreau, pour la somme de 3,2 milliards de dollars.

L'entente de principe précédente, annoncée à l'automne 2009, comprenait aussi la vente du réseau de distribution pour la somme totale de 4,75 milliards de dollars, soit l'équivalent de la dette d'Énergie NB.

L'économie avec Gérald Fillion

Classe économique avec Jean-Sébastien Bernachez

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