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AFP/John Thys
Après avoir annoncé de nouvelles mesures d'austérité pour réduire son déficit, la Grèce envisage un emprunt massif.
La Grèce appelle ses partenaires européens à participer à un emprunt obligataire de 7 milliards de dollars sur 10 ans.
Jeudi, le gouvernement a lancé une émission d'obligations qui viendront à échéance dans 10 ans, ce qui pourrait permettre à Athènes de récolter un peu plus de 7 milliards de dollars. Selon les premières estimations, ces obligations offriraient trois points de pourcentage au-dessus de la moyenne des pays les mieux notés.
Le directeur général de l'agence grecque de la dette, Petros Christadoulou, voit cet écart comme une compensation aux investisseurs pour les convaincre d'avoir de nouveau confiance en la Grèce.
Mais la Grèce souhaite tout de même réduire ses coûts de financement. Pour y arriver, le vice-ministre grec des Affaires étrangères, Dimitri Droutsas, demande aux partenaires européens de participer au financement obligataire pour témoigner aux marchés de la confiance qu'ils ont dans le gouvernement grec.
Sans un soutien clair des Européens, les coûts d'emprunt de la Grèce pourraient être très élevés. Les doutes des investisseurs sur la capacité du gouvernement à atteindre ses objectifs de réduction de la dette pourraient les inciter à réclamer un rendement plus important.
Le gouvernement grec devra emprunter 75 milliards de dollars cette année, dont 30 milliards d'ici la fin mai, pour rembourser sa dette et couvrir son déficit budgétaire.
Aide européenne
Le premier ministre grec George Papandréou doit rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel vendredi à Berlin. Par contre, l'Allemagne n'a pas l'intention d'accorder une aide financière aux Grecs. La ministre française de l'Économie, Christine Lagarde, abonde dans le même sens. « Une aide de la France et de l'Allemagne à la Grèce n'est pas d'actualité, bien que les deux pays aient travaillé à des solutions », a-t-elle déclaré jeudi.
D'ailleurs, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, indique que les pays de la zone euro pourraient prendre des mesures coordonnées afin de garantir la stabilité de la Grèce et empêcher des répercussions de la crise grecque sur d'autres pays.
Par contre, une aide de la part du Fonds monétaire international pourrait être envisagée. Le porte-parole du gouvernement, Georges Petalotis, soutient que « personne ne peut exclure un recours de la Grèce au FMI », même si cette hypothèse n'est pas souhaitable.
Îles à vendre
Si tous les moyens sont bons pour réduire la dette de la Grèce, des députés allemands ont une suggestions étonnante. Selon eux, la solution pourrait passer par la vente de plusieurs des 6000 îles inhabitées du pays.
Josef Schlarmann soutient que « ceux qui sont insolvables doivent vendre tout ce qu'ils ont pour payer leurs créditeurs ». La Grèce possède des bâtiments, des entreprises et des îles inhabitées, des actifs qui pourraient tous être vendus pour résorber la dette, selon lui.
Marco Wanderwitz, député du parti d'Angela Merkel, affirme que « si l'Union européenne et donc l'Allemagne venait à aider financièrement la Grèce, il faudrait qu'elle consente des garanties en échange. Quelques îles pourraient ainsi faire l'affaire ».
En 1993, plusieurs députés allemands avaient déjà provoqué une vive querelle avec l'Espagne en suggérant que Berlin achète Majorque, haut lieu de villégiature pour les touristes allemands.