Un investisseur devant un tableau de données électroniques, vendredi, à Tokyo.
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PC/AP/Itsuo Inouye
Après avoir ouvert en baisse, les marchés nord-américains et européens évoluent à la hausse au lendemain de l'annonce de la Réserve fédérale américaine de hausses le taux d'escompte à 0,75 %.
L'annonce de la Réserve fédérale de hausser le taux d'escompte à 0,75 % a été perçue par des investisseurs comme un signe d'un possible durcissement de la politique monétaire. Si les bourses asiatiques ont plutôt mal accueilli la nouvelle, en Europe et en Amérique du Nord elles évoluent en territoire positif.
À Tokyo, l'indice Nikkei a chuté de 2,1 % au cours de la séance. Les marchés européens ont terminé avec des gains de près de 1 %. À New York et à Toronto, des gains, là aussi, de près de 1 % étaient enregistrés.
Annonce surprise
En fin de journée jeudi, la Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé une hausse surprise de son taux d'escompte. Ce taux, qui s'applique sur les prêts à très court terme consentis par la Fed aux institutions financières, passe de 0,5 % à 0,75 %.
En raison de l'amélioration du bilan des banques, la Fed estime qu'il est approprié de hausser le taux sur ces prêts, qui sont vus comme un financement d'urgence pour les banques. Il s'agit d'un premier redressement des taux depuis le début de la crise financière. Le taux directeur et le taux d'escompte étaient au même niveau depuis décembre 2008.
« Ces modifications ne devraient pas entraîner un resserrement des conditions financières pour les ménages et les entreprises, et elles ne signalent aucun changement dans les perspectives de l'économie ou de la politique monétaire », a déclaré l'institution dans un communiqué.
Un coût de refinancement plus élevé peut entraîner une hausse des taux d'intérêt et des taux hypothécaires des institutions financières.
Décision technique
En dépit de la réaction des investisseurs, les économistes ne s'inquiètent pas de la décision de la Réserve fédérale de hausser le taux d'escompte.
À la CIBC, Peter Buchanan et Meny Grauman suggèrent que cette mesure ne vise en fait qu'un assouplissement entre le taux d'escompte et le taux directeur. Il s'agirait donc d'un retour à la normale après la crise. En août 2007, la Fed avait réduit cet écart à 0,5 %, puis en mars 2008, lors de la chute de Bear Sterns, à 0,25 %. Selon ces experts, la décision de la Fed ne constitue pas une indication d'un changement de la politique monétaire.
Chez BMO Groupe Financier, l'économiste Michael Gregory affirme que la hausse du taux d'escompte traduit la fin d'une aide d'urgence pour aider les banques à conserver un certain niveau de liquidités. Il n'y voit pas d'indice d'une hausse rapide du taux directeur.