20 décembre 2008
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![]() Internet Le téléchargement sous la loupeMise à jour le mardi 9 février 2010 à 20 h 19 Un texte de Florent Daudens
Les internautes québécois téléchargent en majorité des produits québécois, selon une étude dévoilée mardi. Fruit d'une collaboration entre l'Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ), l'Institut de la statistique du Québec et l'Institut national de la recherche scientifique, le document s'est penché sur les pratiques de quelque 300 000 internautes connectés à un site de poste-à-poste (peer-to-peer ou P2P), dont plus de 60 000 Québécois. Résultat, les internautes téléchargent entre 150 et 300 produits culturels sur ce réseau. De ce nombre, la musique québécoise représente 51 % des téléchargements des usagers québécois, alors qu'elle représente 21 % du contenu offert sur le site. Il s'agit d'une proportion équivalente à celle des achats en magasin. L'idée que les Québécois vont sur Internet pour des produits américains serait fausse. — Martin Tétu, auteur de l'étude « Pas uniquement un contournement des ventes » L'étude note aussi que les 200 titres les plus vendus en magasin représentent seulement entre 24 et 27 % des téléchargements sur le site observé. « Un grand succès dans le réseau traditionnel des ventes de CD ne se traduit donc pas automatiquement par un succès dans le réseau P2P », note l'étude. D'autre part, 40 % des 200 chansons les plus téléchargées sur le site étudié étaient des nouveautés, par rapport à 93 % des titres achetés en magasin. De quoi remettre en cause un poncif lié au téléchargement, estime l'auteur de l'étude. « Ce n'est pas uniquement un contournement des achats ou des ventes, mais également un accès à des contenus plus difficilement trouvables », évoque Martin Tétu. Et d'ajouter: « Ce ne serait pas uniquement par une volonté de ne pas payer que les gens iraient sur Internet. Il y aurait une plus-value ». (Écouter l'extrait) Ça viendrait mettre en contexte ce qu'on entend souvent, c'est-à-dire que le peer-to-peer n'est qu'un détournement total des ventes qui ne sont pas faites parce que le produit est distribué gratuitement sur Internet. On est plus dans une dynamique complémentaire. — Martin Tétu Le modèle économique en question Au-delà de cette observation, l'étude s'interroge sur les conclusions économiques à en tirer: « Il reste à identifier comment tirer profit de cet intérêt manifeste des Québécois pour leur propre culture en ligne ». Interrogé par Radio-Canada à ce sujet, l'auteur de l'étude, Martin Tétu, note qu'« il s'agit de voir quel est le nouveau modèle numérique d'affaires qui émerge et comment proposer des contenus québécois qui vont être monnayables ». « C'est tout un défi, mais au moins on sait qu'ils sont populaires », commente-t-il. (Écouter l'extrait) Portrait robot de l'utilisateurL'usager québécois type s'avère être un homme de 20 à 39 ans. La part de cette catégorie d'âge représente 37 % des usagers et celle des 30-39 ans 28 %. Les 10-19 représentent 8 % de l'échantillon étudié, l'auteur évoquant l'hypothèse qu'ils soient peu actifs sur ces réseaux, moins intéressés par le site étudié ou encore plus enclins à écouter de la musique à la radio ou sur les sites de diffusion en continu (streaming). Un accès à des sites « géographiquement proches » La nature du site étudié, avant tout destiné à un public québécois, expliquerait-il la prépondérance du contenu québécois téléchargé? En effet, Internet offre une pléthore de sites de téléchargements poste-à-poste, la plupart en anglais. À ce sujet, l'auteur de l'étude souligne qu'elle repose sur un échantillon de 60 000 internautes, soit plus de 1% de la population québécoise adulte. Il estime donc que son étude constitue « l'indicateur d'une tendance » qu'il faut au moins considérer. Citant une étude canadienne, le document note aussi que « les internautes à la recherche de produits culturels consultent surtout des sites Web géographiquement proches, ce qui n'est pas le cas lorsqu'ils sont à la recherche de produits non culturels plus standardisés ». En 2009, « la distribution en mode P2P compterait pour environ le tiers des flux Internet mondiaux », note l'étude. Ce type de site reste aujourd'hui illégal. À titre d'exemple, la Cour supérieure du Québec a ordonné la fermeture permanente du volet téléchargement d'un site Internet québécois, QuebecTorrent.com, en 2008. L'ADISQ et l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ) étaient à l'origine de cette démarche judiciaire. Selon elles, le téléchargement illégal leur fait perdre des revenus importants. La France a récemment adopté une loi contre ce type de téléchargement, la loi Hadopi 2. L'étude en brefCette étude a été menée par l'Observatoire de la culture et des communications du Québec (OCCQ), l'Institut de la statistique du Québec et l'Institut national de la recherche scientifique.
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Le téléchargement pair-à-pair au Québec
Observatoire de la culture et des communications du Québec - 9 février 2010 Dossiers en profondeur
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