Zhuzhou répond à l'appel

Métro de Montréal

L'entreprise chinoise Zhuzhou persiste et signe. Elle a répondu à « l'avis d'intention » de la Société de transport de Montréal (STM) pour le renouvellement des rames du métro de Montréal lundi.

L'entreprise chinoise affirme être en mesure de respecter l'exigence de 60 % de contenu canadien exprimée par la Société de transport de Montréal et promet de créer jusqu'à 1000 emplois.

Le manufacturier affirme être prêt à respecter l'exigence de 60 % de contenu canadien en se dotant « d'installations d'assemblage à Montréal ». Zhuzhou vise plus précisément l'ancienne usine Dominion Bridge, à Lachine, pour laquelle elle dit avoir signé un protocole d'entente.

Pour ce faire, elle s'est alliée avec l'entreprise canadienne CPCS Technologies, basée à Beaconsfield, au Québec. Cette entreprise compte des effectifs de 90 personnes, selon les données d'Industrie Canada.

L'avis d'intention en brefLe 22 janvier dernier, la société de transports en commun déclarait que les discussions de gré à gré avec les constructeurs Alstom et Bombardier étaient finies. Du même souffle, elle a publié un avis d'intention sur le marché international qui laissait 30 jours à d'éventuels concurrents pour se manifester. Si aucune nouvelle offre n'avait été déposée, Alstom et Bombardier auraient remporté la mise.

De 750 à 1000 emplois

Zhuzhou prévoit embaucher de 750 à 1000 personnes s'il remporte le contrat. Et d'ajouter: « À l'avenir, on pourrait également y fabriquer de l'équipement pour les trains à grande vitesse de même que des locomotives électriques pour le transport de passagers et de marchandises ».

Quant aux délais de livraison, l'entreprise se dit prête à livrer les rames dans un délai de deux ans. Elle ajoute que les rames pourraient aussi être utilisées pour des lignes en surface.

Des roues en acier plutôt que sur pneus

Toutefois, l'entreprise réitère sa volonté de proposer une solution avec des roues en acier, contrairement aux pneus actuellement utilisés.

« Nous croyons fermement que les rails soudés et les voies utilisés présentement dans le métro de Montréal peuvent être facilement adaptés pour accueillir des voitures dotées de roues en acier » — Glen Fisher, PDG de CPCS, partenaire de Zhuzhou

Zhuzhou vante cette technologie comme étant plus sécuritaire et durable, ainsi que plus économe en énergie.

Le manufacturier chinois demande à la STM de pouvoir évaluer les infrastructures actuelles avec ses propres experts. Elle soutient que cette dernière lui « a refusé jusqu'à maintenant de leur donner l'accès, même si de nombreuses demandes officielles ont été formulées par les représentants de l'entreprise au Québec ». Et d'ajouter qu'elle « prendra tous les moyens nécessaires pour obtenir cette information ».

Fin janvier, l'avocat Julius Grey a annoncé qu'il allait déposer sous peu une poursuite contre la STM au nom de l'entreprise. Il allègue que la spécification de rames sur pneus, incluse dans l'avis d'intention de la STM, n'a pour seul but que d'exclure Zhuzhou.

La STM réplique aux menaces de poursuites

La STM soutient ne pas pouvoir confirmer avoir reçu cette proposition de Zhuzhou. La porte-parole rappelle que les parties « ont convenu de n'émettre aucun commentaire jusqu'à l'expiration du délai mentionné dans l'avis d'intention », soit d'ici le 22 février.

La société de transports a toutefois diffusé une lettre qu'elle avait envoyée à M. Grey vendredi dernier, en réaction à son intention annoncée de la poursuivre. Elle y maintient sa demande de rames sur pneus.

« Zhuzhou ne peut exiger que la STM redéfinisse ses besoins et ceux de ses utilisateurs, change le produit qu'elle exploite avec succès depuis plus de 40 ans et qu'elle exige depuis le début du processus, tant dans l'appel d'offres que dans les négociations qui ont suivi, modifie radicalement ses spécifications techniques et adapte ses infrastructures. » — Le cabinet d'avocats représentant la STM

La STM estime qu'il lui revient à elle seule « le soin de définir ses besoins dans un domaine où son expertise est universellement reconnue ».

Elle estime aussi avoir mené le processus d'appel d'offres « avec un rigoureux souci de transparence ».

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