Le ministre canadien des Finances, Jim Flaherty
©
PC/Sean Kilpatrick
L'économie canadienne va croître en 2010 de 0,3 point de plus que prévu, annonce le ministre des Finances en citant les prévisions de 15 économistes des banques canadiennes.
La croissance du Canada se chiffrerait à 2,6 % cette année, plutôt que les 2,3 % prévus dans la mise à jour économique du gouvernement fédéral de septembre dernier. C'est ce qu'a indiqué le ministre fédéral des finances, Jim Flaherty, en citant les données de 15 économistes de banques canadiennes qu'il a rencontrés mardi, dans le cadre des consultations prébudgétaires.
Quant au taux de chômage, il devrait s'établir à 8,5 %, comparativement à une précédente prévision de 9 %.
Jim Flaherty maintient son plan
Ce changement ne semble pas amener M. Flaherty à modifier ses intentions.
« Les priorités du gouvernement sont de poursuivre la mise en oeuvre rapide du Plan d'action économique du Canada, de planifier la réduction du déficit lorsque l'économie sera rétablie et de bâtir une assise solide pour la création d'emplois et la croissance économique », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que, « dans l'ensemble, les prévisions moyennes du secteur privé issues de cette enquête sont semblables à celles que le gouvernement a utilisées pour le moyen terme dans la Mise à jour des projections économiques et financières de septembre 2009 ».
Le déficit en question
M. Flaherty n'a toutefois pas évoqué les craintes des économistes au sujet des réductions des dépenses pour réduire le déficit. Il a indiqué que l'économie mondiale demeurait fragile, ce qui implique de « garder le cap sur la mise en oeuvre du Plan d'action économique ».
Les économistes de la Banque de Montréal, de la CIBC et de la Banque TD estiment que le gouvernement canadien ne doit pas retrouver l'équilibre budgétaire à tout prix. Les économistes redoutent surtout les réductions des dépenses pour éliminer le déficit.
Les économistes en chef des grandes banques canadiennes soulignent que l'économie du pays est encore trop fragile pour risquer de réduire les sommes consacrées à la relance économique. Même si leurs prévisions de croissance du produit intérieur brut ont été révisées à la hausse depuis l'énoncé économique de Jim Flaherty l'automne dernier, les économistes martèlent que la reprise est encore trop fragile.
Appel à la prudence
À la Banque TD, l'économiste Craig Alexander admet que le gouvernement devra s'attaquer au problème d'endettement. Par contre, il croit qu'Ottawa doit attendre que la reprise s'accélère avant de resserrer sa politique fiscale.
À la CIBC, l'économiste en chef Avery Shenfeld va plus loin. Il soutient qu'il est prématuré de parler de réduction des dépenses. Selon lui, il n'est pas urgent de remédier au problème des déficits budgétaires, parce que même s'ils explosent, leur croissance ne sera pas plus rapide que celle de l'économie canadienne. En résumé, même si le gouvernement patiente encore plusieurs mois avant de se serrer la ceinture, l'endettement en fonction de la taille de l'économie ne devrait pas augmenter.
La rencontre des économistes avec le ministre Flaherty à Ottawa a aussi été l'occasion de discuter de technologie, d'innovation, de règles hypothécaires et de la vigueur du dollar canadien.