Stephen Harper prononce un discours à Davos
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AFP/Fabrice Coffrini
De passage au Forum économique mondial qui se tient à Davos, en Suisse, le premier ministre Stephen Harper a déploré l'absence d'une autorité des marchés financiers unique au Canada.
Le premier ministre du Canada réitère sa volonté d'une commission des valeurs mobilières nationale dans son discours à Davos, une « lacune » dans le système d'encadrement canadien « rigoureux » de la finance.
Selon lui, certaines « lacunes » subsistent dans le système de régulation, dont l'absence d'une seule autorité des marchés financiers à l'échelle nationale. « La plupart des provinces y travaillent », a-t-il ajouté.
Rappelons que le gouvernement a annoncé son intention de s'adresser à la Cour suprême pour lui demander un avis sur la constitutionnalité de son projet de loi à ce sujet, prévu au printemps 2010. Le Québec et l'Alberta s'opposent à une telle commission, tout comme le Manitoba.
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, assiste aussi au forum de Davos. Aucune rencontre n'est prévue avec M. Harper.
Contre une réglementation « excessive »
Malgré cela, le premier ministre canadien a vanté le bilan du pays dans la crise financière et son système d'encadrement du secteur.
Il a toutefois lancé un appel en faveur d'un renforcement de la réglementation du secteur financier. Mais, a-t-il prévenu, celle-ci ne doit pas être excessive.
Il se refuse à une « microgestion d'une industrie trop complexe », souhaitant plutôt encourager « la transparence sur les marchés », « une culture de prudence » et « lier le risque, la performance et les récompenses ».
Le premier ministre prône aussi une « meilleure coordination entre les organismes de réglementation ».
Mercredi, son homologue français Nicolas Sarkozy a prôné une « réforme du système monétaire international » pour contrer les dérives du capitalisme foncier.
Maintenir la relance
Autre thème de son discours: la reprise. Selon lui, celle-ci est « très large, mais peu profonde ».
Il assure toutefois qu'il « n'est plus trop tôt pour commencer à planifier la prochaine phase, pour commencer à réfléchir à des stratégies de sortie ». Au passage, il note que le Canada a le plus faible taux d'endettement du G7.
Le prochain budget fédéral indiquera les moyens que compte prendre son gouvernement pour combler les déficits et revenir à l'équilibre budgétaire, a-t-il ajouté.
Un nouveau rôle pour le G8
Enfin, le premier ministre tente d'insuffler un nouveau rôle au G8, alors que le G20 « se polarise sur l'économie »: « la sécurité et le bien-être des populations ». Il a évoqué le terrorisme, les pirates, la propagation des armes nucléaires ou, dans un autre registre, les changements climatiques.
À l'image de sa lettre ouverte, notamment publiée jeudi dans le quotidien français Le Figaro, il a réclamé une meilleure intervention de la communauté internationale au niveau de l'aide au développement.
Après avoir soutenu qu'il avait doublé son aide à l'Afrique, M. Harper a ajouté qu'il était « tragique » que la communauté internationale ait « si peu agi ».
Il entend se concentrer sur « la santé maternelle et infantile dans les régions les plus pauvres du globe ». Et d'ajouter: « Souvent, les clés de la vie sont aussi simples que de l'eau potable ».